Phtalates à l’hôpital: attention danger!

Le 21 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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«Alors que la littérature scientifique qui souligne la toxicité des phtalates s'amoncelle, que des pays comme la Suède ou l'Autriche ont banni depuis de nombreuses années de leurs services de néonatalogie toute présence de phtalates, que le décret européen n°2006-1361 reconnait la toxicité des phtalates dans les jouets et articles de puériculture et les interdit, les pouvoirs publics français continuent d'ignorer ce dossier

Olivier Toma, président du Comité développement durable santé (C2DS) souhaite sensibiliser d’abord les professionnels de santé mais aussi les pouvoirs publics et l’opinion publique sur l’absence d’innocuité des phtalates présents dans les dispositifs médicaux, notamment dans les tubulures nécessaires aux perfusions et aux intubations et dans les poches de sang (voir JDLE). «L’impact sanitaire est majeur. L'univers hospitalier se doit d'être exemplaire et de prioriser des actions en direction des patients les plus vulnérables». Le 20 juillet dernier, en l’absence de réponse de la part des pouvoirs publics, l’association a organisé une conférence de presse à Paris pour alerter sur le sujet.

En septembre 2008, le C2DS s'alarmait déjà de la présence de parabens et de substances cancérogène, mutagène, reprotoxique dans les cosmétiques pour bébé et notamment ceux contenus dans les mallettes cadeau offertes aux jeunes mamans accueillies dans les maternités françaises.

En juin 2010, l’association a organisé un colloque sur les phtalates à l'hôpital et a invité Valérie Boyer, députée UMP des Bouches du Rhône, qui a présenté à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à interdire les phtalates dans les dispositifs médicaux. L'objectif: protéger les populations vulnérables, femmes enceintes et nouveaux-nés, et appliquer strictement le principe de précaution. Mais cette initiative n'a pas aboutie.

Trois ans après ces premières campagnes, le C2DS souhaite obtenir des réponses. «Aujourd’hui, les pouvoirs publics doivent prendre leur responsabilité.» Et Olivier Toma de rajouter: «Il nous faut un interlocuteur engagé». Le président de l’association estime que «l’attentisme des pouvoirs publics sur ces dossiers laisse la place libre à la parole des industriels qui jouent la montre contre l’application du principe de précaution et l’évolution d’une législation plus contraignante». Il évoque aussi le fait que les professionnels de santé ne disposent pas des outils adéquats pour évaluer l’innocuité des médicaments, du matériel médical ou des cosmétiques utilisés à l’hôpital. A l’heure du plan hôpital 2012, il s’inquiète du critère de choix des matériaux de construction et «notamment de la présence de nanomatériaux dans ces matériaux, alors que 10 milliards d’euros sont dépensés actuellement pour la construction de nouveaux hôpitaux». Les nanoparticules d’oxyde de titane sont incorporées aux peintures et aux carrelages qui acquièrent ainsi des qualités antimicrobiennes. Mais que deviennent ces nanomatériaux?

Parmi une liste en 9 points de requêtes bien précises, l’association réclame qu’un interlocuteur privilégié soit nommé par le ministère ainsi que la mise en place d’un calendrier d’actions. Elle souhaite également que le principe de précaution soit appliqué pendant toute la durée des études sur les produits employés à l’hôpital. Autres mesures demandées par le comité, la mise en place d’une demande d’autorisation de mise sur le marché des produits cosmétiques comme pour les médicaments, un affichage complet et lisible de la composition des produits ou encore la formation des professionnels de santé en toxicologie.



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