Phtalate: impact sur les cellules reproductrices humaines

Le 24 octobre 2008 par Sabine Casalonga
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Pour la première fois, des chercheurs français ont démontré l'effet délétère d'un phtalate sur le développement de l'appareil reproducteur masculin chez le foetus, d'après leurs résultats publiés dans la revue Environmental Health Perspectives (1).

La fréquence accrue des troubles de la fertilité chez l'homme pourrait résulter d'une exposition à des perturbateurs endocriniens durant la vie foetale. Les phtalates, classés comme perturbateurs endocriniens, sont des substances très présentes dans les produits en plastique. Elles ont démontré leur effet délétère sur le développement de l'appareil reproducteur chez des foetus de rats en réduisant la production de testostérone.

L'équipe de Virginie Rouiller-Fabre du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de l'université Paris 7 s'est penchée sur un phtalate spécifique, le mono-éthylhexyle phtalate (MEHP), un dérivé du di-éthylhexyle (DEHP) lui-même classé reprotoxique de catégorie 2 (2) par la législation européenne, et très abondant.

L'effet du MEHP (3) a été testé sur une lignée de cellules foetales humaines à l'origine des cellules productrices de spermatozoïdes entre la 7e et la 12e semaine de grossesse, une période clé pour le développement des testicules. Après trois jours d'exposition à ce phtalate, le nombre de ces cellules a été réduit de 40%, le MEHP favorisant la mort des celles-ci. Cela suggère qu'un nouveau-né exposé à une dose similaire de ce phtalate disposerait à la naissance d'un potentiel de reproduction réduit.

Néanmoins, à l'inverse des résultats observés chez le rat, le phtalate n'a pas affecté la production de testostérone. Ces résultats apportent un nouvel éclairage sur le rôle potentiel de l'exposition aux phtalates sur le développement du foetus et sur leurs effets délétères potentiels sur la fertilité masculine chez l'adulte.

Depuis 1999, l'utilisation de 6 phtalates, dont le DEHP, dans les jouets et les articles de puériculture est interdite dans l'Union européenne (4).



(1) «Phthalates impair germ cell development in the human fetal testis in vitro without change in testosterone production», Romain Lambrot et al., Environmental Health Perspectives (publication en ligne le 9 septembre 2008)

(2) Les substances cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) sont classées en trois catégories. Une substance dite reprotoxique de catégorie 2 a un effet avéré chez l'animal mais pas chez l'homme.

(3) A une concentration de 10-4 grammes par mole

(4) Directive 2005/84/CE




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