Photovoltaïque: NKM planifie la relance

Le 19 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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NKM promet plus de visibilité aux industriels
NKM promet plus de visibilité aux industriels

Donner de la visibilité à l’industrie photovoltaïque. A peine une semaine après l'appel d'offres pour l’installation de 600 éoliennes en mer, la ministre en charge de l’écologie a annoncé le lancement, le 1er août, d’une série d’appels d’offres concernant le photovoltaïque. Ou comment essayer de relancer une filière en panne…

Nathalie Kosciusko-Morizet a dévoilé lundi 18 juillet, son plan pour relancer l'industrie photovoltaïque. «Je fais sur le photovoltaïque ce que j'ai fait pour l'éolien en mer, c'est-à-dire de lancer de gros appels d'offres pour donner de la visibilité à l'industrie et se donner les moyens d'installer une telle filière en France et y développer l'emploi», indique la ministre de l'écologie à l'AFP. Sous le feu des critiques pour avoir envoyé des signaux contradictoires sur la place du photovoltaïque en France, le gouvernement planifie donc la relance de la filière.

Ainsi, toutes les installations de panneaux solaires de plus de 1.000 mètres carrés feront désormais l'objet d'appels d'offres. Un premier appel portant sur une installation considérée comme moyenne (entre 1.000 et 2.500 m2), projet de 120 mégawatts-crête (MWc), sera publié dès le 1er août. Six autres appels trimestriels, portant sur 30 MWc chacun, seront ensuite initiés. Pour tous ces projets, c'est le prix qui constituera le premier critère de sélection.

La ministre en charge de l’écologie évoque une seconde catégorie d'appels d'offres, qui portera cette fois sur les grandes installations, de plus de 2.500 mètres carrés. Ces appels, qui arriveront en septembre, concerneront une capacité totale de 450 MWc. Au total, c’est le regroupement de deux ans et demi de capacité qui sera lancé d’un coup. Mais cette fois, le prix ne sera pas l'unique critère de choix. «Le projet industriel, la contribution à la recherche et l'environnement» seront également pris en compte, selon la ministre. Ainsi, les projets de centrales sur des friches industrielles ou d'anciennes carrières seront privilégiés par rapport à ceux qui nécessiteront le sacrifice de terres agricoles. Les groupes candidats devront en outre faire preuve de transparence quant au recyclage et au démantèlement des centrales.

Parmi les lots proposés à candidature, quatre visent des centrales au sol «extrêmement innovantes»: centrales thermodynamiques (37,5 MW), à concentration (50 MW), avec suivi de la course du soleil (100 MW) et des centrales pour les zones non interconnectées, comme en Corse ou dans les territoires d'outre-mer (50 MW).

Les multiples changements de normes, le moratoire de trois mois décrété en décembre sur l'obligation de rachat par EDF de l'énergie solaire aux tarifs alors en vigueur (sauf pour les particuliers), toutes ces décisions ont conduit l'ensemble des industriels de la filière à critiquer le manque de cohérence du gouvernement. Reconnaissant que pour les entreprises du photovoltaïque, cela fait deux ans et demi que le système changeait tous les six mois, Nathalie Kosciusko-Morizet  affirme qu' «avec les appels d'offres qui seront lancés prochainement, le système ne change plus et le gouvernement donne de la visibilité pour les années qui viennent».

Les candidats seront sélectionnés en mars ou avril 2012, avant l'élection présidentielle, selon la ministre, dont l'objectif est de passer un nouveau contrat de confiance avec l'industrie solaire en France. «On s'était lancé sur des objectifs de puissance mais à partir de matériel importé à bas prix de Chine surtout», rappelle la ministre, en insistant sur l'opportunité donnée maintenant de développer en France une filière à haute valeur technologique créatrice d'emplois et d'exportations.

Richard Loyen, délégué général de l'association Enerplan regroupant les professionnels du secteur exprime, quant à lui, ses doutes sur la sincérité du gouvernement: «entre un Eric Besson (ministre de l'énergie) qui dit que le solaire ce sera bien quand ce ne sera plus intermittent et NKM qui veut résigner un pacte de confiance alors que le précédent a été déchiré».

«L'intransigeance du gouvernement devient parfois irrationnelle comme par exemple lorsqu'on s'interdit de faire du solaire sur les ombrières de parkings», ajoute-t-il, alors qu'on a là de la surface déjà urbanisée comme des parkings de gare, d'usine, de supermarchés avec des débouchés pour consommer l'électricité.

Du côté du Syndicat des énergies renouvelables (SER), le délégué général Jean-Philippe Rouli souligne qu'appel d'offres ne signifie pas contrat signé. «Il va s'en suivre au moins six mois pour préparer et remettre les offres, et ces projets ne pourront réellement être mis en œuvre que sur des commandes de 2012, alors que fin 2011 va s'arrêter le stock des projets bénéficiant des anciens tarifs», déplore-t-il.

«Avec le nouveau dispositif, j'attends plusieurs milliers d'emplois industriels», conclut la ministre, tout en refusant de s'engager sur des chiffres précis. «Un appel d’offres à lui seul n’est pas une garantie de création d’emplois», met cependant en garde Arnaud Gossement, avocat en droit de l'environnement défendant les entreprises du secteur qui employaient 25.000 personnes en France début 2011.

 


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