Photovoltaïque: développement possible sans subvention dès 2020

Le 11 janvier 2016 par Yves Leers
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En 2014, le photovoltaïque a produit 1,3% du courant consommé dans l'hexagone.
En 2014, le photovoltaïque a produit 1,3% du courant consommé dans l'hexagone.
SolarCity

Le développement du photovoltaïque sans subvention sera possible en France à partir de 2020 tandis que la rentabilité est envisagée un an plus tard dans le sud, selon une nouvelle étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Selon cette «étude technico-économique de la filière photovoltaïque française: Bilan, Perspectives et Stratégie», les centrales au sol deviendront rentables dès 2021, mais d’abord dans le sud de la France. Elles seront même «de plus en plus compétitives face au marché à horizon 2025», toujours dans les régions méridionales. Une capacité solaire supplémentaire de 100 mégawatts par an est ainsi envisageable de 2020 à 2025 sans aide d’Etat sur de grandes toitures et au sol, selon l’agence publique. Sur les futurs bâtiments à énergie positive (Bepos), il serait aussi possible de déployer 800 MW/an après la mise en place de la RT2020.

L'autoconsommation rentable dès 2021

Par ailleurs, l'autoconsommation d'électricité produite sur toiture devrait bénéficier de la hausse des prix de l'électricité, ce qui pourrait «faire émerger une autoconsommmation rentable pour certains bâtiments tertiaires», le sud du pays étant toujours favorisé par rapport à la moitié nord. Ainsi l’autoconsommation deviendrait-elle rentable (sans stockage) pour les grandes toitures dès 2021 à condition que 70% au moins de l’énergie produite soit autoconsommée. Mais la rentabilité de l’autoconsommation dépend aussi de la taille des installations, ce qui favorisera les sites professionnels par rapport aux habitations. Pour les particuliers, le seuil de rentabilité sans subvention pourrait apparaître en 2020 dans le sud, toujours en fonction du taux d’autoconsommation.

30 recommandations

Cette étude ayant pour objectif de proposer «une stratégie de soutien au développement de l’énergie d’origine photovoltaïque pour la période 2016-2020 en France», l’Ademe émet 30 recommandations pour assurer la transition vers un modèle sans subvention, autour de 4 piliers: réorientation du dispositif de financement de la demande, clarification du cadre réglementaire, renforcement du positionnement innovant de la filière, développement d’une ‘équipe France’ pour l’export. L’agence insiste également sur d’autres points, comme la prime à l'investissement pour inciter au développement du solaire par les particuliers, des appels d'offres incluant des technologies innovantes pour soutenir la filière française, la mobilisation de l'investissement public dans les entreprises innovantes, la planification stratégique de la recherche et le développement du stockage (surtout dans les zones non interconnectées).

Marché en mutation

Au niveau mondial, l’Ademe constate que le marché et la filière du photovoltaïque sont en pleine mutation. Ainsi, le marché mondial du photovoltaïque aura profondément changé à l’horizon 2020, avec notamment un basculement de la demande vers l’Asie et le développement de modèles sans subvention. L’innovation et les volumes devraient continuer à faire baisser le coût des composants du système PV de l’ordre de -35% en 2025 par rapport aux coûts 2014. Ces coûts ont déjà été divisés par 4 entre 2007 et 2014. Par ailleurs, les modèles d’affaires (autoconsommation, flexibilité locale et agrégation de production) vont évoluer rapidement du fait de l’augmentation de la compétitivité de l’énergie PV.

En 2014, le coût d’investissement PV variait d’un facteur 3 en fonction de la puissance de l’installation: de 1,25 euro hors taxe le watt crête pour les grandes centrales 2 à 3,5 €HT/Wc pour les toitures résidentielles.

Quant au coût complet de production d’électricité (LCOE) pour une centrale au sol, il était à la même date 1,6 fois plus élevé dans le nord que dans le sud (122 € le mégawattheure dans le Nord-Pas de Calais contre 78 €/MWh en PACA).

Fin 2014, en France, 346.000 installations photovoltaïques représentaient une puissance installée de 5,6 gigawatts, dont 5,3 GW en France métropolitaine. L’objectif initialement fixé par le législateur de 5,4 GW installés à horizon 2020 a donc été atteint 6 ans plus tôt que prévu. Le photovoltaïque fait dorénavant partie intégrante du mix énergétique et a permis de produire 1,3% de la consommation électrique française en 2014. Par comparaison, la filière éolienne a produit 3,7% de la consommation électrique et les bioénergies 1,1%.        

 



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