Photovoltaïque: comment favoriser l'émergence d'une filière française?

Le 20 juillet 2009 par Victor Roux-Goeken
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Energie solaire
Energie solaire

Préparer une baisse du tarif d'achat et sa régionalisation, faire établir par l’Ademe une liste des sites pollués éligibles à l’installation de centrales au sol, accélérer le raccordement au réseau, créer une véritable filière industrielle… Dans un rapport présenté à ses pairs jeudi 16 juillet, le député Serge Poignant (UMP, Loire-Atlantique) propose 9 lignes directrices pour faire décoller le photovoltaïque français.

«La France sera le dernier grand pays européen à atteindre le point de ‘parité réseau’» en matière d'électricité solaire photovoltaïque, selon Serge Poignant. Le député fixe entre 2015 et 2020 le moment où l’électricité photovoltaïque française sera aussi compétitive que l’électricité «classique».

Le pays atteindra ce point longtemps après ses voisins, moins ensoleillés ou dont l'électricité est plus chère que la moyenne française (de 4 à 14 centimes d’euros le kilowattheure pour les marchés industriel et résidentiel). Une grande partie du rapport est donc consacrée au tarif d'achat de cette électricité renouvelable.

Afin de ne pas répéter l'exemple espagnol, dont la baisse subite du tarif d'achat en 2008 (1) a porté un coup d'arrêt au secteur (voir encadré), le député propose une baisse du tarif d'achat de 7 à 8% par an, car le développement du photovoltaïque pourrait finir par trop peser sur le budget de l'Etat. En 2009, il devrait coûter 28 millions € en crédit d'impôt (à comparer aux 700 millions annuels consacrés à l’isolation des parois vitrées et au demi milliard alloué aux pompes à chaleur) et 85 millions d’euros aux particuliers, via la Contribution au service public de l'électricité (CSPE). Si l'objectif du Grenelle de l'environnement de 5,4 gigawatts (GW) est atteint en 2020, cette somme atteindra 2,2 milliards €.

Autre préconisation: la régionalisation du tarif d'achat. L'ensoleillement du pays n'étant pas uniforme du nord au sud, certaines régions concentrent les capacités installées. Une situation qui fait craindre au député non seulement que le marché devienne rapidement trop exigu, mais aussi un rejet de la part des populations. Une solution complexe pourrait consister à «pondérer le tarif alloué par le gradient solaire du lieu d’installation». Une autre option, minimale, «consisterait à séparer la France en deux, le tarif Nord dépassant le tarif Sud d’environ 20% avec une ligne géographique judicieusement établie».

Le rapport relève aussi les conflits d'usage que commence à générer le développement de centrales solaires au sol (2). Serge Poignant souhaite que les sites pollués accueillent principalement ces installations. L'Ademe pourrait dresser un inventaire des sites les plus aptes à le faire.

Le raccordement au réseau est un autre aspect du développement de la filière française. Il devrait passer de 9 à 6 mois. Une «performance encore grossièrement insuffisante» au regard de l'Allemagne, où l'opération est menée en moins de 6 semaines. Plus de 22.000 demandes de raccordement en attente auraient été identifiées fin 2008 par la filiale d’EDF pour la distribution (ERDF) pour une puissance de 526 MW, soit 5 fois le parc actuel!

Il reste encore beaucoup à faire du côté de l’émergence d’une filière industrielle française. «L’absence d’acteur de poids à chacune des étapes du cycle du silicium rend (…) les opérateurs tributaires d’approvisionnements étrangers», note le rapporteur. Résultat: «la France ne participait en 2007 qu’à hauteur de 4% à la production globale de lingots et de plaquettes, de 1,6% à la fabrication de cellules et de 2,3% à l’assemblage de panneaux. Par comparaison, la République fédérale allemande s’adjuge des taux respectifs de 19%, 35% et 40%.»

(1)Dans le JDLE «Coup de bambou sur le solaire espagnol»
(2)Dans le JDLE «Centrales photovoltaïques: la crainte de la trame grise»


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