Phosphore et azote, deux piliers de l’alimentation mondiale en question

Le 18 février 2013 par Marine Jobert
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L'apport excessif ou le manque d'azote et de phosphore sont des fléaux pour l'alimentation, la santé humaine, la qualité de l'air et de l'eau, l'espéance de vie humaine et la biodiversité.
L'apport excessif ou le manque d'azote et de phosphore sont des fléaux pour l'alimentation, la santé humaine, la qualité de l'air et de l'eau, l'espéance de vie humaine et la biodiversité.
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Trop et trop peu à la fois. L’azote et le phosphore, les deux engrais les plus utilisés dans le monde, sont à la fois trop utilisés –engendrant des catastrophes environnementales- et mal répartis –faisant cruellement défaut dans les zones sinistrées au plan agricole. C’est ce qu’une étude du Programme pour l’environnement des Nations unies (Pnue) sur «le défi de produire plus de nourriture et d’énergie en polluant moins», démontre sans fard. «Les conséquences de l’inaction rimeraient avec l’accroissement des effets du réchauffement climatique à cause de l’augmentation du protoxyde d’azote (N²O), une dégradation continue de la qualité de l’eau, de l’air et du sol, un raccourcissement de l’espérance de vie, et des menaces pour les services écosystémiques et la biodiversité. L’entièreté des dommages n’a pas été évaluée, mais le coût global annuel pour la perte des services écosystémiques –notamment les conséquences pour la pêche à cause des pollutions côtières et de l’hypoxie- coûte environ 170 milliards de dollars (127 Md€). Mieux utiliser ces nutriments réduirait les menaces, tout en améliorant la production alimentaire et d’énergie.»

 

Le Pnue décrit un cycle de l’azote et du phosphore quasiment hors contrôle et engendrant des catastrophes «auxquelles l’on prête trop peu d’attention». D’un côté, la difficulté de pouvoir accéder à ces fertilisants limite la production alimentaire et accroît la dégradation des sols, notamment en Afrique et en Amérique latine; de l’autre, des réserves finies de phosphore mettent en danger la sécurité alimentaire future et alertent quant à la nécessité d’un usage prudent. 80% de l’azote et entre 25 et 75% du phosphore consommés terminent dans l’environnement, rappelle le Pnue. Autant d’énergie gâchée –celle nécessaire à leur production- que de milieux pollués. Le Pnue a listé les 5 menaces environnementales qui pèsent sur ce déséquilibre mondial: la qualité de l’eau (via notamment l’euthrophisation ou la contamination des aquifères), la qualité de l’air (avec le raccourcissement de l’espérance de vie) et les gaz à effet de serre.

Les solutions préconisées sont un peu fourre-tout et sans grande surprise. Le Pnue recommande un meilleur usage des nutriments dans la production agricole et animale, des économies d’énergie dans les transports, une baisse dans la consommation de protéines animales, etc.

Le Pnue, qui tient une session extraordinaire toute la semaine à Nairobi (Kenya), accueille pour la première fois plus de 200 pays au sein de son Conseil d'administration. Jusqu'ici seule une soixantaine était conviés, les autre se contentant d'une place d'observateurs.



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