Philippe Martin annonce un An 2 vert

Le 23 août 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Philippe Martin trouvera-t-il du soutien pour mener à bien le projet de taxe carbone ?
Philippe Martin trouvera-t-il du soutien pour mener à bien le projet de taxe carbone ?

Pour se concilier leurs bonnes grâces avant les municipales, le gouvernement fait quelques gestes à destination de ses alliés écologistes. Ce qui vaudra au ministre de l’écologie de rapidement porter la loi-cadre sur la transition énergétique, de disposer d’une Ademe au budget requinqué et de lancer un nouveau projet de taxe carbone.

La campagne pour les élections municipales est engagée. A Paris, la candidate socialiste, Anne Hidalgo, dévoile ses propositions dans un livre numérique. Au menu écolo: «végétaliser» Paris, poursuivre l’insonorisation du boulevard périphérique, harmoniser les consignes de tri des déchets dans l’agglomération, mais aussi organiser des concerts dans les tunnels de l’ancienne ligne ferroviaire de la petite ceinture. Du lourd! L’insoupçonnable légèreté de l’être vert a, peut-être, incité l’Elysée et Matignon à lancer de nouvelles adresses positives à leurs alliés écologistes. Dans moult villes, élus et candidats EELV peuvent en effet perturber l’élection ou la réélection d’édiles socialistes.

Rendre l’écologie attractive

L’opération de séduction s’est faite en trois temps. Premier temps, le 19 août. Une coalition de ministres PS (Stéphane Le Foll et Philippe Martin) et EELV (Cécile Duflot et Pascal Canfin) présente au colloque gouvernemental sur la France de 2025 une lettre appelant Jean-Marc Ayrault à engager, concrètement, le pays dans la transition écologique. Deuxième temps, le Nouvel Observateur publie, dans les heures suivant le séminaire, un entretien avec le nouveau ministre de l’écologie. Philippe Martin y cible encore l’électorat vert. Annonçant d’emblée que «l’An II du quinquennat doit être celui des actes», l’ancien président du conseil général du Gers promet de «rendre l’écologie attractive».

La transition énergétique avant les municipales

S’engageant dans les traces de Delphine Batho, l’ex-préfet dévoile l’esquisse du projet de loi-cadre sur la transition énergétique. Pas de grande surprise à en attendre. Le texte, qui pourrait être adopté avant le scrutin municipal de mars 2014, devrait recadrer le mix énergétique, promouvoir l’efficacité énergétique des bâtiments, donner un coup de pouce aux énergies renouvelables et annoncer un plan d’économie d’énergies. On reste dans la trajectoire ouverte par la loi Pope de juillet 2005. Mais un peu de remobilisation ne peut pas nuire après la fin un peu chaotique du débat national sur la transition énergétique. Le locataire de l’hôtel de Roquelaure annonce aussi des mesures «fortes sur la rénovation thermique des logements» qui seront présentées, le 5 septembre, en tandem avec la ministre du logement, Cécile Duflot.

Et revoilà la taxe carbone

Deux sujets sensibles sont rapidement évacuées: Fessenheim («la fermeture sera bien actée d’ici fin 2016» sans qu’on sache encore comment) et les gaz de schiste («mon opposition tient au fait que les gaz de schiste sont encore une énergie fossile alors que nous devons miser sur les renouvelables»). Motus, en revanche, sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Point trop n’en faut. Troisième temps: le 22 août.

Guest Star des journées d’été d’EELV à Marseille, Philippe Martin lance une bombe. «Sur la fiscalité écologique, je suis venu vous confirmer la décision, actée par le Premier ministre, de créer une contribution Climat-énergie», annonce-t-il devant une assemblée verte, ravie. Dans la foulée, il indique que le budget de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), très menacé dans les premières moutures du projet de loi de finances 2014, sera «au niveau qui était le sien en 2013».

Des oppositions dans la majorité

S’il prend peu de risque sur le budget du «bras armé» de son ministère, Philippe Martin et le gouvernement se retrouvent, en revanche, en première ligne sur le front de la taxe carbone. Le sujet est tabou au Medef et dans les organisations consuméristes. Certains au PS, comme Laurent Fabius, Ségolène Royal ou François Rebsamen ne veulent pas d’alourdissement (réel ou supposé) de la fiscalité. Les économistes du climat estiment, en revanche, qu’en deçà d’une trentaine d’euros la tonne (pour commencer!), l’imposition de l’émission du CO2 ne changera pas les comportements des émetteurs.

Histoire d’entretenir le flou, l’administration Ayrault a, dès ce 23 août, légèrement recadré l’intervention du ministre de l’écologie. Par la voix de sa porte-parole, Najat Vallaud-Belkacem, le gouvernement affirme «qu'il ne s'agit pas de créer une nouvelle taxe, il s'agit de verdir des taxes déjà existantes sur l'énergie. Tout cela sera présenté au mois de septembre avec l'ensemble du projet de loi de finances». Une chose reste certaine, avant d'être celui des actes, l'An 2 du quinquennat sera celui de la négociation.



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