PFC: l’aluminium et les semi-conducteurs visés

Le 28 août 2007 par Claire Avignon
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semi cond
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Dans le cadre d’une série d’articles sur les gaz à effet de serre autres que le CO2, le JDLE revient sur les perfluorocarbures (PFC). Si jusqu’ici, ces gaz étaient relativement épargnés par les politiques climatiques des Etats dans le monde, les efforts que ces derniers devront réaliser après 2012 pour limiter le réchauffement vont inévitablement s’intensifier. Les pouvoirs publics ne pourront donc plus faire l’impasse sur aucun des gaz.

Ils sont tellement peu importants qu'ils sont comptabilisés avec les hydrofluorocarbures (HFC) et l'hexafluorure de soufre (SF6) dans les rapports de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Avec les PFC -dont le pouvoir de réchauffement global est 6.500 à 9.200 fois plus importants que celui du CO2(1) -, ils représentaient, en 2004, 0,27% des émissions totales de gaz à effet de serre (GES) en équivalent CO2 (eq CO2), selon les données des Nations unies parues en octobre 2006.

Malgré cela, les principaux producteurs de PFC, les secteurs de l'aluminium et des semi-conducteurs, ne sont pas restés les mains dans les poches. Ils se sont engagés, à l'échelle internationale, à diminuer leur empreinte sur le changement climatique.

L'Institut international d'aluminium projette de réduire de 80% ses rejets de PFC émis par tonne d'aluminium produit en 2010 par rapport au niveau de 1990. Un objectif presqu'atteint selon un rapport de l'institut publié en janvier 2007: en 2005, la réduction atteignait déjà 76%.

Mais l'effort est en partie annulé du fait d'une production primaire de l'aluminium en constante hausse: entre 1990 et 2005, elle est passée de 19,5 à 31,5 millions de tonnes, à l'origine de 150 millions de tonnes éq CO2 dont 20% étaient émises sous forme de PFC. Malgré tour, même en valeur absolue, les rejets de PFC ont déjà baissé: ils sont passés de 86,1 à 33,2 millions de tonnes éq CO2 entre 1990 et 2005.

Autre bémol: ces chiffres ne portent que sur 63% de la production mondiale. L'industrie chinoise, notamment, n'a pas encore intégré le programme mondial.

Quant à l'avenir, «nous discutons désormais d'un nouvel objectif volontaire pour 2020, explique Robert Chase, secrétaire général de l'Institut international d'aluminium. Nous pensons pouvoir encore significativement réduire nos émissions, malgré une projection de la hausse annuelle du métal d'environ 5%.»

De son côté, l'industrie de semi-conducteurs s'est engagée à réduire de 10% ses émissions de PFC (en valeur absolue) entre 1995 et 2010. A l'échelle européenne, les industriels devraient respecter cet objectif, malgré une légère hausse des émissions en 2003 et 2004 par rapport à 2001 et 2002.

Si les deux plus gros émetteurs de PFC ont pris ces engagements, ce n'est pas par seul souci écologique. Ils craignent une politique plus contraignante comme l'intégration des PFC dans un système d'échange de quotas, une taxe, voire une interdiction (2). Certains pays, comme l'Autriche et le Danemark, ont déjà commencé à limiter très sévèrement les émissions de PFC, au-delà des exigences du règlement européen (3). Pour que ces deux exceptions ne se propagent pas dans le monde entier, les industriels devront continuer à convaincre les autorités de leur rigueur.



(1) Il s'agit de la contribution d'une molécule au changement climatique sur une période de 100 ans par rapport au dioxyde de carbone dont le pouvoir de réchauffement climatique est conventionnellement défini à 1

(2) Celle-ci est toutefois difficilement envisageable dans le secteur de l'aluminium puisque les PFC ne sont pas utilisés par cette industrie, mais qu'ils sont formés lors du processus de fabrication.


(3) Règlement (CE) n° 842/2006 du Parlement européen et du Conseil, du 17 mai 2006, relatif à certains gaz à effet de serre fluorés




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