Peugeot autofinance son puits de carbone

Le 09 novembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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C’est un petit coup de tonnerre dans le Landerneau climatique. En fin de semaine dernière, Peugeot a annoncé la mise en vente de crédits carbone VCS générés par son «puits de carbone» amazonien.
 
L’opération n’est, en effet, pas nouvelle. En 1998, le constructeur automobile défraye la chronique environnementale en lançant, avec ONF International, son puits de carbone dans l’Amazone brésilienne. Concrètement, il s’agit de replanter 1.800 hectares de forêts dégradées et de laisser se régénérer naturellement 1.200 ha, dans l’Etat du Mato Grosso. La replantation devant contribuer à capter et stocker du CO2.
 
A l’époque, il n’est pas question de finances carbone mais d’une expérimentation scientifique grandeur nature et unique au monde. «Il n’a jamais été question de compenser ainsi les émissions de l’entreprise ou de ses produits. Cela, nous le faisons en améliorant nos moteurs. Il s’agit de voir si l’on peut efficacement utiliser la reforestation comme outil de réduction de l’empreinte carbone», rappelle Marc Bocqué de Peugeot.
 
Et de fait, bien du travail a été accompli: plus de 2 millions d’arbres —d’une cinquantaine d’essences locales— ont été plantés; des techniques sylvicoles ont été testées; le cycle local du carbone a été disséqué et l’évaluation du stockage de carbone a été réalisé. Et la séquestration fonctionne.
 
Après audits et calculs réalisés par Ernst & Young et TUV-SUD, Peugeot et ONF International affirment qu’un hectare de la Fazenda séquestre, chaque année, de 1 à 4 tonnes de carbone. Sur l’ensemble des surfaces considérées, cela représente plus d’une trentaine de milliers de tonnes de carbone, soit l’équivalent de 110.000 tonnes de CO2 par an. Mais le rythme devrait décroître à mesure que la forêt deviendra mature et que le climat amazonien évoluera. Sur la durée du projet, les scientifiques estiment à 720.000 tonnes d’équivalent CO2 le tonnage qui sera stocké.
 
«Le million d’euros rapportés par la vente à des entreprises européennes des crédits VCS n’entreront pas dans le compte de résultats de Peugeot ni de l’ONF, explique Marc Bocqué. Il permettra de compléter le financement de l’accompagnement du projet, pour lequel nous avons investi au départ 10 millions de dollars (7,36 millions d’euros).»
 
Pour boucler le financement du projet, dont la fin est prévue pour 2038, d’autres cessions de crédits VCR interviendront au cours des prochaines années.
 
Assis sur la seule méthodologie compatible avec le projet Peugeot-ONF, les crédits VCS sont dignes d’intérêt sur le plan climatique. D’une part, ils sont utilisables par de nombreux labels, y compris le tout nouveau marché de carbone californien. De plus, le dispositif est relativement transparent (information publique, critères clairs, audit indépendant, visibilité sur les crédits et leur annulation…). Enfin, ils pourraient devenir compatibles avec les systèmes onusiens, tel le système Redd+.
 


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