Peu d’indemnisations à attendre pour les victimes du Mediator

Le 03 octobre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Plus de 80% des dossiers ont été jugés irrecevables.
Plus de 80% des dossiers ont été jugés irrecevables.

La très grande majorité des premières demandes d'indemnisation des victimes présumées du Mediator ont été rejetées par les experts qui appliquent des critères restrictifs, selon des informations du Parisien confirmées par le président de la principale association de victimes.

Ainsi plus de 80% des dossiers examinés jusqu'à présent ont été jugés irrecevables par le collège d'experts de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam).

L'Oniam a examiné 831 dossiers sur les 7.500 présentés, selon son président Erik Rance qui s'est refusé à confirmer le taux de rejet, estimant que le nombre de cas examinés «n'est pas significatif».

«Je comprends l'impatience des victimes (...) mais la procédure a été bâtie afin que chaque dossier soit examiné individuellement. C'est donc une procédure très longue pour établir les liens de causalité» (entre la prise du Mediator et la maladie), a-t-il ajouté.

La ministre de la santé Marisol Touraine a réagi ce 3 octobre en soulignant que le laboratoire Servier devrait «assumer ses responsabilités» en ce qui concerne l'indemnisation.

Elle a également reconnu que le débat porte «sur la capacité à établir un lien entre les dysfonctionnements observés chez certains malades et la prise du Mediator, d'une manière qui garantisse l'indemnisation par la justice».

Mais pour les victimes, les premiers rejets sont particulièrement durs à accepter.

«Nous sommes très en colère contre le collège d'experts», commente Dominique Michel Courtois, médecin et président de l'Association des victimes du Mediator (Avim) qui présente quelque 5.000 dossiers d'indemnisation, dont 500 ont déjà été examinés. «Le refus risque de porter sur des milliers de dossiers», prédit-il. Il souligne que les refus déjà signifiés portent principalement sur les petites fuites cardiaques.

Ces valvulopathies bénignes, assez fréquentes dans la population âgée, sont rejetées par le collège d'experts, parce qu'il est difficile d'établir un lien «direct et causal» avec la prise du Mediator, relève la pneumologue Irène Frachon, qui a dénoncé la première les dangers du Mediator. Une opinion partagée par les laboratoires Servier qui indiquent que les «premiers chèques» d’indemnisation «sont partis lundi».

Le Mediator, un médicament des laboratoires Servier destiné aux diabétiques en surpoids, a été largement détourné comme coupe-faim durant sa commercialisation de 1976 à 2009. Il est soupçonné d'avoir provoqué la mort d'au moins 500 personnes en 30 ans, voire 1.320 à 2.000 selon d'autres estimations. Il a été retiré du marché en novembre 2009 en raison des risques cardiaques encourus par les patients.

Pour rejeter les demandes, les membres du collège d'experts, dirigé par Roger Beauvois, mettent en avant l'âge avancé du malade, la prise d'anti-migraineux susceptibles d'entraîner des problèmes cardiaques, ou des rhumatismes articulaires aigus contractés dans l'enfance, relève Dominique Michel Courtois.

Sur le plan judiciaire, un premier procès du Mediator devant le tribunal de Nanterre, initialement prévu en mai, a été reporté de plusieurs mois. Jacques Servier est parallèlement mis en examen à Paris.

 



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