Pétroliers et charbonniers mis à l’index

Le 09 juillet 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le gaz reste le combustible le moins émetteur de CO2.
Le gaz reste le combustible le moins émetteur de CO2.
Gazprom

La conférence Our Common Future, organisée à l'Unesco, a aussi été l'occasion de placer les producteurs d'énergies fossiles devant leurs responsabilités.

Les chercheurs savent parfois faire simple. Mercredi 8 juillet, au cours de la conférence Our Commun Future à Paris, Richard Heede a désigné un gisement d’économie d’émission de gaz à effet de serre : les réserves prouvées des compagnies pétrogazières et minières.

En duo avec l’historienne des sciences Naomi Oreskes, le créateur de Climate Accountability évalue les réserves des principaux producteurs d’énergie et convertit le tout en réserve de CO2, à émettre ou non. Pour des raisons évidentes de facilité d’accès à l’information, les deux comptables du carbone ont évalué le bilan carbone des 200 premières compagnies productrices d’hydrocarbures et de charbon.

 

Dans un article publié l’an passé dans Climatic Change, Richard Heede a évalué la responsabilité climatique des 90 principaux producteurs d’hydrocarbures et de charbon mondiaux. Entre 1854 et 2010, ces entreprises ont émis 914 milliards de tonnes équivalent CO2. Soit 63 % des émissions anthropiques depuis la révolution industrielle. A elle seule, Total est crédité de près de 12 milliards de tonnes de CO2é, soit 0,8 % des rejets totaux des producteurs.

 

le poids des nationaux

 

Le résultat est impressionnant. Dans une étude à paraître, les deux chercheurs évaluent les réserves des entreprises à 1.385 milliards de barils de brut, 4.820 Tcf[1] de gaz naturel et 418 milliards de tonnes de charbon. Les grands producteurs possèdent, respectivement, 82 %, 74 % et 47 % de ces réserves.

Dit autrement, ces multinationales de l’énergie possèdent 440 milliards de tonnes de carbone (soit 1.614 milliards de tonnes de CO2) sous nos pieds: 33 % pour le pétrole, 16% pour le gaz et 51% pour le charbon. Une petite partie (11%) de ce pactole carbonique appartient aux compagnies privées cotées en bourse. Mais l’essentiel est la propriété jalousée de compagnies publiques (47%) voire d’Etat (42%).

Parmi les principaux mastodontes citons la National Iranian Oil (140 milliards de tonnes équivalent CO2), PDVSA la compagnie pétrolière vénézuélienne (130 MdtéCO2) ou Gazprom (50 MdtéCO2).

Pour mémoire, le Giec estime que la stabilisation du réchauffement à 2°C nous impose de ne pas rejeter plus de 1.000 milliards de tonnes de CO2 en plus de ce que nous avons déjà relargué. Soit 275 milliards de tonnes de carbone. A en croire les deux auteurs, cela devrait imposer aux producteurs d’énergie fossile de laisser sous terre le tiers de leurs réserves. De quoi réjouir leurs actionnaires.

Dans un travail comparable, publié au début de l’année, l’organisation Fossil Free Indexes chiffre à 555 milliards de tonnes équivalent CO2 les réserves des 200 plus importants producteurs d’énergies fossiles, hors compagnies étatiques.

 

 



[1] 1 TCF vaut 28 milliards de mètres cube.


 



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