Pétrole: Obama relance la bataille de l’Alaska

Le 26 janvier 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'administration Obama tente de protéger les zones naturelles de l'Alaska des prospections pétrolières.
L'administration Obama tente de protéger les zones naturelles de l'Alaska des prospections pétrolières.
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La dernière proposition de Barack Obama annonce-t-elle un énorme troc environnemental ?

Les pétroliers américains ne sont décidément pas à la fête. Avec la vertigineuse chute des prix du pétrole, la filière US des hydrocarbures non conventionnels est désormais mal en point. L’exploration et l’exploitation des gisements de gaz et de pétrole de roche-mère nécessitent de forer en permanence un grand nombre de puits. Ce qui finit par coûter très cher aux compagnies pétrolières qui, outre-Atlantique, sont souvent de petite taille.

Forte progression de l'endettement des pétroliers US

Entre 2010 et 2014, leur endettement est passé de 128 à 200 milliards de dollars (114 à 180 Md€, une progression de 56%). Dans le même temps, rappelait un récent article du Wall Street Journal, leurs revenus n’ont progressé que de 36%. Avec la baisse des cours du brut, le montant des dettes va encore progresser; avec des recettes qui, cette fois, diminueront. Au début du mois, le foreur texan WBH Energy a ainsi déposé son bilan. D’autres devraient suivre. Ceux qui survivront ont déjà annoncé des diminutions de 20 à 50% de leurs investissements pour l’année 2015, indique une note de conjoncture de Kepler Chevreux.

La stratégie suivie depuis plusieurs mois par les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pourrait bien atteindre son objectif américain: réduire la production d’hydrocarbures non conventionnels, afin de faire remonter, à terme, les prix du brut et, conséquemment, les revenus des membres du cartel pétrolier. Selon les dernières statistiques pétrolières du département américain à l’énergie (DOE), le nombre de forages terrestres en exploitation a chuté de 16% entre octobre 2014 et janvier 2015. Un chiffre qui pourrait encore baisser d’un quart d’ici la fin de l’année, estime le DOE.

la zone 1002

C’est précisément au moment où le secteur pétrolier américain se porte mal que Barack Obama sort sa nouvelle proposition anti-carbone. Dans un communiqué, mis en ligne dimanche 25 janvier, la Maison blanche demande au Congrès de bien vouloir renforcer la protection de zones protégées du nord de l’Alaska. En clair, d’y interdire l’exploration et la production de pétrole et de gaz, sur un territoire de près de 80.000 kilomètres carrés. Selon un rapport du DOE, le sous-sol d’une petite partie de ce «Refuge national arctique pour la vie sauvage» (baptisée «zone 1002» et s’étendant sur 6.000 km2), pourrait receler une dizaine de milliards de barils de pétrole. De quoi produire un gros million de barils par jour: l’équivalent de la production quotidienne de la mer du Nord britannique.

Voilà près de 40 ans que les politiques américains s’écharpent sur le devenir de cette vaste région sauvage de l'Etat le moins peuplé des USA. Pour compenser l’exploitation du pétrole dans les zones voisines de Prudhoe Bay et de North Slope, le président Jimmy Carter interdit toute exploitation d’hydrocarbures en 1980. La loi protège 420.000 km2 de terres fédérales, classées en parcs nationaux, refuges pour la vie sauvage et zones sauvages.

La préservation de l'Alaska contre un pipeline?

Neuf ans plus tard, un projet de loi prévoit d’ouvrir la fameuse zone 1002 à l’exploration pétrolière. Le naufrage et la marée noire de l’Exxon Valdez stoppent le projet. En 1996, des parlementaires républicains adoptent un texte semblable, auquel le président Bill Clinton met son veto. Durant ses deux mandats, son successeur, George W Bush essaiera à plusieurs reprises d’autoriser l’exploitation pétrolière dans le nord de l’Alaska. Ses textes seront systématiquement rejetés par l’une des deux chambres du Congrès.

La proposition de Barack Obama n’a aucune chance d’être acceptée par le Congrès, à majorité républicaine. A moins, bien sûr, qu’il ne s’agisse d’un troc. La Maison blanche pourrait alors autoriser la construction du pipeline Keystone XL, qui doit livrer aux raffineries du Texas le pétrole canadien, en contrepartie de la protection définitive de l’Alaska du Nord.

 



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