Pétrole: l’ENI se voit un avenir forestier

Le 19 mars 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le PDG d'ENI, Claudio Descalzi, investit dans le photovoltaïque.
Le PDG d'ENI, Claudio Descalzi, investit dans le photovoltaïque.
ENI

Le pétrogazier italien entend compenser les émissions de son secteur amont par des puits de carbone forestiers.

 

Les pétroliers européens sont sous pression climatique. Actionnaires et opinions publiques poussent de plus en plus les producteurs d’hydrocarbures à décarboner leurs productions. Ce qui n’a rien d’évident. De nombreuses compagnies du Vieux monde multiplient les investissements dans la production d’électricité, les renouvelables ou le stockage. L’ENI va au-delà de cette diversification.

centrales solaires

Présenté le 15 mars, le projet stratégique à 2025 du pétrogazier italien prévoit certes des incursions dans le monde de l’électron. Sur ses friches industrielles, le groupe fondé par Enrico Mattei va mettre en service 1,6 gigawatt crête (GWc) de capacités photovoltaïques d’ici à 2022. Cette capacité installée devrait sextupler entre 2022 et 2030. La construction des deux premières installations doit démarrer sous peu, au Pakistan et en Tunisie. Dans ce dernier pays, la centrale de 5 mégawatts crête (MWc) alimentera directement les installations de traitement de pétrole et de gaz d’Adam, à la frontière avec la Libye. De quoi réduire la consommation locale de gaz.

moins de torchage et de fuites

L’innovation de l’entreprise dirigée par Claudio Descalzi est de totalement compenser les émissions du secteur amont: exploration, production et transport d’huile et de gaz naturel d’ici 2030. Pour ce faire, l’ENI prévoit de supprimer le torchage de routine des gaz associés à la production de pétrole et de diminuer de 80% les fuites de méthane (puissant gaz à effet de serre).

Plus innovant, l’ENI entend planter 81.000 kilomètres carrés (presque la surface de l’Autriche) de forêts en Afrique du Sud, au Zimbabwe, au Mozambique et au Ghana. De quoi absorber une vingtaine de millions de tonnes de CO2 par an. Au moins pendant un temps.

forêts industrielles

Problème, l’entreprise n’entend pas consacrer plus de 11 dollars pour stocker une tonne de gaz carbonique. Ce qui laisse entendre que l’ENI plantera non pas des forêts diversifiées mais probablement des forêts industrielles, où le maintien de la biodiversité sera le cadet des soucis des promoteurs du projet.

Dans le cadre de son programme Italia, l’entreprise veut convertir plusieurs de ses raffineries (Venise, Ravenne, Gela et Marghera) pour produire des carburants de synthèse à partir de la fraction organique des ordures ménagères.



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