Petit poisson détecteur de perturbateurs endocriniens

Le 27 juin 2012 par Geneviève De Lacour
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Le poisson zèbre
Le poisson zèbre

Les chercheurs de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) viennent de développer un nouveau test chez le poisson qui permet de détecter l’action de perturbation endocrinienne de certains contaminants de l’environnement. L’étude a été publiée dans la revue PLoS One le 7 mai dernier.

Nonylphénols, bisphénol A (BPA), pesticides ou résidus pharmaceutiques présents dans les rivières et les cours d’eau, les effluents industriels ou les sédiments, ont la capacité de mimer les effets des œstrogènes. Ils modifient donc leur action, ces hormones jouant un rôle dans la reproduction et la croissance des organismes, avec des conséquences potentiellement néfastes pour la santé des êtres vivants et de leur descendance.

L’originalité des travaux des chercheurs de l’Inserm et de l’Ineris réside dans le fait que l’étude des effets des perturbateurs endocriniens porte sur un gène (gène cyp19a1b) exprimé exclusivement au niveau du cerveau, démontrant ainsi la sensibilité du système nerveux à ces polluants. Ce gène réagit fortement à certains perturbateurs endocriniens. Pour faciliter la mesure de ce gène, les scientifiques utilisent une protéine fluorescente.

Le test a été réalisé sur les embryons de poisson zèbre, qui sont translucides. Avec cette protéine, le cerveau des embryons de poisson devient fluorescent une fois exposé à des substances mimant les hormones femelles. A partir de ces observations, les deux équipes ont mis au point un test de détection de l’activité œstrogénique au moyen d’un modèle de poisson transgénique. Le poisson zèbre transgénique identifie ainsi les effets des polluants sur une enzyme issue du gène cyp19a1b, l’aromatase, responsable de la synthèse des hormones dans l’organisme.

21 composés (soit des hormones naturelles ou de synthèse, des alkylphénols et des bisphénols) sur les 45 testés ont induit une fluorescence, à des degrés variables. Le modèle permet de détecter certains androgènes et certains progestatifs synthétiques (utilisés dans les pilules contraceptives).

Les résultats confirment qu’un certain nombre de substances affectent, chez l’embryon de poisson, l’activité des cellules souches du cerveau, essentielles pour le développement du système nerveux central.

Ce test pourrait être utilisé pour l’évaluation de substances chimiques demandée par le règlement Reach. Cet outil vient compléter les dispositifs in vitro existants. «Il a l’avantage d’intégrer le devenir des polluants dans l’organisme, y compris en tenant compte de leur métabolisme, ce que les tests cellulaires ne permettent pas toujours», explique l’Ineris dans son communiqué.

En raison de sa sensibilité, il pourrait aussi être employé pour la surveillance des milieux aquatiques.

 

 



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