Petit bilan pour la conférence climatique de Bonn

Le 22 mai 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Aucun consensus n'a été trouvé à cette session de Bonn.
Aucun consensus n'a été trouvé à cette session de Bonn.
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En 10 jours de tractations, les 3.900 diplomates, délégués et experts de 196 pays ont beaucoup discuté, mais peu progressé. Rendez-vous est fixé à l’automne.

 

Le temps est compté. Et la tâche considérable. La conférence climat de Marrakech a été claire: les négociateurs climatiques ont jusqu’à la fin 2018 pour rédiger et s’entendre sur les règles d’application de l’Accord de Paris. Six mois après cette COP 22, lesdits experts se sont retrouvés 10 jours durant, à Bonn, pour une nouvelle intersession, ces réunions formelles entre deux conférences des parties (COP).

Et toujours Donald Trump

Si les travaux portent sur des sujets aussi complexes que l’évaluation des politiques climatiques nationales, la quantification des financements, la révision quinquennale des politiques publiques, le mécanisme des pertes et dommages, l’élaboration de nouveaux mécanismes de flexibilité, l’assemblée d’experts a semblé suspendue au bon vouloir d’un certain… Donald Trump.

Pressions internationales

Soumis à un feu roulant de pressions internationales, le président américain n’a toujours pas rendu publique sa décision sur la sortie (ou non) des Etats-Unis de l’Accord de Paris. Peut-être à l’issue du prochain sommet du G7, qui doit se tenir à Taormine (Italie), les 26 et 27 mai. Malgré les démentis des gouvernements chinois ou indiens, nombreux sont les observateurs à craindre que le retrait de la première puissance économique mondial de l’accord conclu à l’issue de la COP 21 puisse enrayer tout effort global de lutte contre le réchauffement.

Baisse des crédits du Giec

D’autant que la Maison blanche a radicalement changé sa politique: les budgets climat du département d’Etat et de l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) devraient être sabrés. De quoi réduire à néant l’aide publique US en la matière, réduire les crédits du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), stopper tout versement au Fonds vert climatique: 2 des 3 milliards de dollars promis par Barack Obama restent à verser.

L’accord, c’est le désaccord

Finalement, l’un des principaux points d’accord de l’intersession de Bonn est la COP 24, en novembre 2018, qui reste l’échéance pour la publication des règles d’application de l’Accord de Paris. Pour mémoire, il avait fallu 4 ans de tractations pour rédiger celles du protocole de Kyoto, un accord qui n’engageait que les 40 pays les plus industrialisés.

Rendez-vous en septembre

Pour le reste, il faudra attendre un peu moins longtemps. Les gouvernements sont invités à transmettre à l’ONU leurs propositions, pour chaque sujet, d’ici le mois de septembre prochain. C’est à partir de ce matériau, forcément hétéroclite, que les négociateurs du groupe de travail ad hoc sur l’Accord de Paris (APA) bâtiront un projet de texte, qui devra être examiné lors de la prochaine COP, en novembre.

Vivement novembre!

Nous n’en sommes pas encore là pour la révision des politiques climatiques nationales, prévue pour 2023[1]. Dans une note informelle, les co-facilitateurs de l’APA recensent tous les points de discordance entre délégués nationaux, sans pouvoir en tirer un élément de convergence. Même constat pour la quantification des fonds dédiés à l’atténuation et à l’adaptation: une multitude de notes, mais aucun consensus. Les négociations devront se poursuivre, au moins jusqu’à la COP 23. Vivement novembre!



[1] Débutant en 2023, ce processus de révision doit ensuite se répéter tous les 5 ans.

 



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