Pesticides: un portail internet pour la déclaration des effets indésirables

Le 11 mai 2017 par Romain Loury
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Un dispositif mieux organisé
Un dispositif mieux organisé

L’Anses complète son dispositif de phytopharmacovigilance, avec la mise en ligne d’un portail internet permettant la déclaration des effets indésirables des pesticides. Aussi bien ceux concernant l’homme, la faune, la flore et les milieux que les résistances parmi les plantes cultivées.

Par la loi d’avenir pour l’agriculture d’octobre 2014, l’Anses[i] dispose de nouvelles missions en matière de pesticides. En plus de l’instruction des dossiers d’autorisation sur le marché (AMM), elle est en charge, depuis juillet 2015, de la délivrance de ces AMM (mission jusqu’alors aux mains du ministère de l’agriculture) et de la phytopharmacovigilance.

Sous ce terme, on regroupe la surveillance de tout effet indésirable lié aux pesticides, qu’il touche à la santé humaine, à la santé animale (animaux d’élevage, faune sauvage) et végétale, à celle des milieux (air, eau), à la présence de résidus de pesticides dans les aliments, et même à l’émergence de résistances.

Jusqu’alors, «ces données étaient recueillies par divers organismes de manière éclatée, d’où la nécessité de mutualiser l’ensemble des données disponibles», explique Mathilde Merlo, chef de l’unité phytopharmacovigilance et Observatoire des résidus de pesticides (ORP) à l’Anses, contactée par le JDLE.

Une quinzaine de partenaires

Ce dispositif de phytopharmacovigilance s’appuie sur un réseau d’une quinzaine de partenaires, chacun compétent dans un domaine particulier, tels que les centres antipoison et de toxicovigilance (CAP-TV), la Mutualité sociale agricole (MSA), l’agence Santé publique France, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), l’Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation (Itsap), ou encore le Laboratoire central de surveillance de la qualité de l’air.

Nouveauté du dispositif, l’Anses a annoncé jeudi 11 mai la mise en ligne, sur son site, d’un portail permettant le signalement direct de ces effets indésirables. Principaux concernés, les détenteurs d’AMM, les fabricants, importateurs et distributeurs des produits, mais aussi les utilisateurs professionnels (au premier rang desquels les agriculteurs), ainsi que les conseillers et formateurs de ces utilisateurs.

Le portail est également ouvert aux professionnels de santé (médecins, vétérinaires, etc.), ainsi qu’aux particuliers et associations. Et ce de manière totalement anonymisée, l’Anses s’engageant à informer le déclarant des suites données à son signalement.

Transmission de données

Plusieurs des organismes partenaires du réseau disposent déjà d’outils de collecte de signalements. Par exemple le dispositif Phyt’Attitude de la MSA (intoxications aigües chez les agriculteurs) ou, pour les particuliers, le portail de signalement des évènements sanitaires indésirables du ministère de la santé, dont les données seront communiquées à l’Anses. De même, tout signal collecté par l’Anses via son dispositif sera «traité en étroite collaboration avec le ou les partenaires de l’Anses compétents sur le sujet», prévoit l’agence.

A partir de ces signalements, l’Anses pourra, par exemple, modifier les conditions d’AMM des produits phytopharmaceutiques, par des réductions de doses ou des modifications des périodes et conditions d’application. Voire, en cas de connaissances insuffisantes, mettre en place de nouvelles enquêtes et études.

Menée en partenariat avec Santé Publique France, l’une d’entre elles devrait voir le jour en 2018 sur la question de l’exposition des riverains de zones agricoles. Conduite sur plusieurs sites, elle  évaluera le niveau d’imprégnation corporelle des personnes concernées, ainsi que leur exposition environnementale, par le prélèvement d’échantillons à domicile ou en extérieur.



[i] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

 



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