Pesticides: un nouveau néonicotinoïde autorisé en France

Le 20 octobre 2017 par Marine Jobert
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Le sulfoxaflor, nouvel ennemi des abeilles?
Le sulfoxaflor, nouvel ennemi des abeilles?

Les apiculteurs dénoncent l’autorisation d’un nouveau néonicotinoïde, alors que plusieurs d’entre eux devraient être interdits dès 2018 en France. La rémanence dans le sol et l’eau de ces insecticides délétères pour les abeilles inquiète, dans un contexte d’effondrement de la production et de la multiplication des cas de miels frelatés.

C’est une agriculture française droguée aux néonicotinoïdes que révèle une enquête publiée ce 19 octobre par l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf). Car sur les 15 millions d’hectares de grandes cultures cultivés en France (pour une surface agricole utile de 28 Mha), ce sont au moins 6 Mha[1] qui sont traités avec ces molécules accusées de ravager les pollinisateurs en général, et les abeilles mellifères en particulier. En outre, ces molécules sont persistantes dans le sol et dans l’eau, contaminant les cultures lors des rotations. Enfin, les ‘néonic’ bénéficient d’un mode de calcul très peu contraignant pour mesurer leur moindre usage dans le cadre d’Ecophyto. Et ils n’ont même pas été inclus dans le système des certificats d’économie de produits phytosanitaires, dénonce l’Unaf.

Le sulfoxaflor, nouvel ennemi des abeilles?

C’est dans ce contexte que viennent d’être délivrées deux autorisations de mise sur le marché qui risquent de faire des vagues. Et de rapidement faire accéder le sulfoxaflor à la notoriété. Produit par Dow Agro Science, cette substance active pourrait bientôt faire son entrée dans les champs français, après l’autorisation accordée par l’Anses en septembre dernier de commercialiser deux insecticides qui en contiennent. Or plusieurs ONG, tant françaises qu'européennes, assurent que le sulfoxaflor est bien un néonicotinoïde, dont l’absence de toxicité sur les abeilles n’a pas été prouvée. Une classe toxicologique que réfute le fabricant. «Avec ces AMM, on remplace les néonicotinoïdes interdits dans la loi biodiversité par... de nouveaux néonicotinoïdes. Les cultures couvertes par l’AMM du Transform et du Closer sont à l’heure actuelle très consommatrices des néonicotinoïdes prochainement interdits», dénonce l’Unaf dans un communiqué. L’association réclame que le gouvernement intègre le sulfoxaflor dans le projet de décret fixant la liste des néonicotinoïdes qui seront interdits dès 2018 en France.

 

Made in France, le miel du petit-déjeuner? 80% des Français le croient, alors que les trois quarts des pots sont remplis avec la production d’abeilles qui butinent principalement en Chine, Ukraine, en Argentine, Hongrie, Espagne et Italie. Car dans un contexte de chute dramatique de la production hexagonale -33.000 tonnes en 1995 contre moins de 10.000 en 2017- et alors que la demande ne cesse d’augmenter, les miels d’importation et leur étiquette ‘mélange de miels originaires/non originaires de l’Union européenne’ règnent en maîtres. Avec des risques avérés de fraude, comme l’avaient montré en 2014 des tests de l’UFC-Que Choisir, avec un tiers des miels premiers prix qui contenaient des sirops de sucre à base de betterave, de riz ou de maïs… et un peu de miel. C’est pour enrayer ces fraudes et améliorer la transparence et la traçabilité que l’association de consommateurs et l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) réclament au gouvernement français une réforme de l’étiquetage afin d’imposer, en cas de miels mélangés, la mention de leur provenance géographique.

 

 

 



[1] Une évaluation qui ne tient pas compte des usages de l’arboriculture, la viticulture, la culture de pommes de terre, le maraichage, les prairies, le traitement des conifères ou les cultures ornementales et florales.

 



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