Pesticides: risque chimique, mais aussi virologique

Le 20 mars 2013 par Romain Loury
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Les pesticides présentent aussi un risque microbiologique
Les pesticides présentent aussi un risque microbiologique

Les fruits et légumes pourraient être contaminés par du norovirus lors de l’application de pesticides, du moins si l’agriculteur dilue ces substances avec une eau insuffisamment propre, suggère une étude néerlandaise publiée dans l’International Journal of Food Microbiology.

Principaux agents de gastroentérites, les norovirus colonisent surtout les fruits et légumes lors d’un contact humain avec l’aliment. Mais pas seulement: qu’elle provienne d’un puits ou d’un cours d’eau, l’eau utilisée pour irriguer les cultures, si elle est souillée, peut aussi en être la source. Raison pour laquelle le Codex Alimentarius recommande aux agriculteurs de recourir à une «eau propre»… terme aux contours microbiologiques plutôt flous.

Autre voie possible de contamination, la dilution des pesticides avec de l’eau. C’est ce que suggère l’étude publiée par Katharina Verhaelen, de l’Institut national de la santé publique et de l’environnement (Bilthoven, Pays-Bas), et ses collègues: qu’ils s’agissent de fongicides ou d’insecticides, ces substances n’inhibent généralement pas la survie du norovirus. D’où le risque de voir ces pathogènes pulvérisés sur les cultures.

Les chercheurs ont étudié 8 pesticides sur le marché, dont 4 insecticides et 4 fongicides, qu’ils ont dilués d’un facteur 100 dans de l’eau contenant du norovirus. Ils ont ensuite testé la capacité du virus à infecter des cellules cultivées in vitro. Résultat: le virus n’était jamais inhibé, sauf avec l’insecticide Martivec -sans que les chercheurs sachent si cette inhibition était liée au principe actif, l’abamectine, ou à l’un des agents chimiques constituant l’adjuvant.

«L’eau utilisée pour diluer les pesticides, si elle contient du norovirus, pourrait être une source importante de présence de ce virus sur les produits frais», commentent les chercheurs. Alors que l’accès à l’eau propre est en passe de devenir un défi pour l’agriculture, «l’application de pesticides constitue non seulement un risque chimique pour la santé publique, mais aussi un risque microbiologique», ajoutent-ils.

Au-delà des virus, une étude publiée en 2005 avait montré que les bactéries et les parasites, bien plus sensibles aux pesticides, avaient moins de risque de contaminer la plante si la dilution était pratiquée peu avant l’application aux plantes. Or selon l’étude néerlandaise, c’est justement dans de telles conditions que le norovirus a le plus de chances de survivre. Virus ou bactéries, il faut choisir…



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