Pesticides: plusieurs maires limitent les épandages

Le 02 août 2019 par Stéphanie Senet
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Au tour d'Us de fixer un périmètre de sécurité contre les pesticides
Au tour d'Us de fixer un périmètre de sécurité contre les pesticides

 

Après Langouët (Ile-et-Vilaine) et le Perray-en-Yvelines (Yvelines), le conseil municipal d’Us (Val d’Oise) a voté la limitation des épandages de pesticides à  plus de 150 mètres des habitations.

 

Et de trois. Et ce n’est qu’un début... Plusieurs maires ont décidé de prendre les devants pour protéger leur population des épandages de pesticides, sans attendre le nouvel arrêté ministériel. Censuré par le Conseil d’Etat le 26 juin, le gouvernement a en effet jusqu’au 26 décembre pour revoir sa copie sur l’application des pesticides et prévoir des mesures de protection des riverains.

 

Us rejoint le mouvement

Dernière en date, Edith Andouvlie, maire du village d’Us (1.300 habitants) dans le Vexin, a proposé d’établir un périmètre de sécurité d’un rayon de 150 mètres autour des habitations. A l’origine de cette mobilisation, un collectif de parents inquiets pour la santé de leurs enfants. «Dès que je vois un tracteur, j’envoie un texto à tous mes voisins», explique au Parisien une mère de famille, signataire d’une pétition pour l’interdiction des épandages à proximité des logements. Ce collectif demande aussi d’être prévenu des dates et des heures prévues par les agriculteurs. Le conseil municipal, qui a adopté l’arrêté à l’unanimité, affirme avoir engagé des discussions avec les fermiers. Et si le dialogue reste infructueux, l’arrêté sera officiellement signé par la maire.

 

Voie ouverte à Langouët

Cette voie a été ouverte à Langouët par Daniel Cueff, premier maire de France à avoir pris, le 18 mai dernier, un arrêté interdisant l’utilisation de pesticides «à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d’habitation ou professionnel». «Il est légitime qu’un maire agisse face à une carence de l’Etat», a déclaré l’élu de cette commune de 602 habitants, dotée d’une cantine servant des aliments 100% bio et locaux depuis 2004.

 

L’Etat fait le dos rond

La préfète de la région Bretagne ne le voit pas du même œil. Michèle Kirry a adressé un recours gracieux à Daniel Cueff pour lui demander de retirer son arrêté, qu’elle estime illégal. Juridiquement, un maire peut intervenir au titre de ses pouvoirs de police générale en cas de «circonstances locales particulières» ou en cas de «péril imminent». Fort de 150.000 soutiens, Daniel Cueff a décidé de maintenir l’interdiction. L’affaire est donc portée devant le tribunal administratif. En attendant que le gouvernement se décide à prendre les mesures de protection exigées par le Conseil d’Etat.

 

 



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