Pesticides: les zones viticoles sous surveillance

Le 02 mai 2017 par Marine Jobert
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Les vignes, 1ère zone pour l'utilisation de pesticides.
Les vignes, 1ère zone pour l'utilisation de pesticides.

Deux études vont être menées pour déterminer si les cancers pédiatriques sont plus nombreux dans les régions viticoles et caractériser l’exposition des riverains aux pesticides, dans ces zones où quelque 101 substances actives sont autorisées.

Les enfants qui vivent dans des zones viticoles ont-ils un risque accru de déclencher une leucémie ou un autre cancer par rapport à ceux qui vivent hors de ces zones où sont abondamment employés des pesticides? C’est la question centrale d’une étude cas-témoin dont la Direction générale de la santé vient d’annoncer le lancement. D’ampleur nationale, elle sera basée sur les données collectées par l’équipe Inserm[1] de Géocap (qui étudie l’influence de plusieurs expositions environnementales sur le risque de cancer de l’enfant), à partir du registre national des hémopathies malignes de l’enfant et du registre national des tumeurs solides de l’enfant considérés sur la période 2002 à 2013.

Données communales

«La difficulté réside dans la construction d’un indice d’exposition aux pesticides, précise Pierre-Michel Périnaud, président de l’association Alerte des médecins sur les pesticides. L’exposition alimentaire n’est pas retenue, au profit de l’exposition par voies aériennes et par l’ingestion de poussières.» Le comité d’experts aura accès à des données précises à l’échelle communale, pour connaître la répartition des productions agricoles. «Le ministère de l’agriculture a accepté de lever le secret statistique qui a cours quand une poignée d’agriculteurs –moins de trois, pour être précis- exercent la totalité d’une seule activité dans une commune, détaille le médecin, qui siège aux côtés de la FNSEA[2] et de l’IUPP[3] au comité de suivi. Cela va amener de la fiabilité statistique.» Les résultats sont attendus pour 2019.

101 substances actives pour la vigne

Une seconde étude va également être engagée, afin de caractériser l’exposition des personnes vivant dans les zones viticoles à partir d’analyses d’urine et de cheveux. La liste des pesticides concernés par cette étude de biosurveillance n’est pas arrêtée encore, «mais nous plaidons pour une recherche de tous les pesticides utilisés dans la vigne», plaide Pierre-Michel Périnaud. Avec les associations Générations futures et Phytovictimes, le médecin a recensé 101 substances actives autorisées dans la vigne. Dont 25 sont classées comme cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques (CMR) et 40 considérées comme CMP ou comme des perturbateurs endocriniens (en se basant sur une liste établie par Pan Europe, faute d’une définition officielle qui n’arrive pas). «Cela fait quand même beaucoup, mais ça ne nous semble pas impossible de tous les rechercher chez les riverains.» Aucune date de restitution n’a été avancée.

 



[1] Inserm: Institut national de la santé et de la recherche médicale

[2] FNSEA: Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles

[3] Union pour la protection des plantes.

 



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