Pesticides: le plan Ecophyto 2018 en Conseil des ministres

Le 12 septembre 2008 par Agnès Ginestet
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Pesticides 1
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Le ministère de l’agriculture a rendu public le plan destiné à réduire de 50% les usages de pesticides d’ici 10 ans, objectif fixé dans le cadre du Grenelle de l’environnement. L’indicateur de pression NODU a été retenu comme référence.

206 millions d’euros. C’est ce que devrait coûter la mise en œuvre sur trois ans du plan Ecophyto 2018 présenté au Conseil des ministres du 10 septembre par le ministre chargé de l’agriculture Michel Barnier. Son conseiller technique, en charge du développement durable et de la recherche, Vincent Gitz, a précisé, lors de la conférence de presse qui a eu lieu le même jour, que les coûts additionnels s’élèveront à 15,5 millions d’euros par an entre 2009 et 2011 alors que le montant restant, proche de 150 millions d’euros, sera issu d’un redéploiement de financements déjà existants.

Le plan est articulé autour de 8 axes, le premier concernant l’évaluation des progrès réalisés. Comme prévu dans le cadre du comité opérationnel du Grenelle mené par Guy Paillotin, l’indicateur de pression de référence retenu est le NODU (nombre de doses unitaires). Il vise à mesurer l’intensité du recours à l’usage des pesticides, et équivaut aux quantités de substances actives vendues rapportées à la dose unitaire spécifique de la substance active. Alors que les volumes de produits utilisés par hectare ont globalement diminué au niveau national, le NODU n’est lui passé que de 5 à 4,7 entre 2001 et 2005. «L’idée est donc de voir le NODU se rapprocher de 2,5», a précisé Joël Mathurin, sous-directeur de la qualité et de la protection des végétaux. Un indicateur de fréquence de traitement (IFT) permettra de suivre l’évolution des pratiques agricoles selon le type de culture traité. Concernant le choix d’indicateurs d’impact et de risque, des travaux sont actuellement menés et devraient aboutir d’ici 2012.

Le deuxième axe consiste à identifier et généraliser les systèmes agricoles «économes en pesticides». 3.000 exploitations serviront de pilotes, le but étant de créer une plateforme de références. La recherche dans ce domaine, notamment en développant les partenariats entre l’Institut national de recherche agronomique (Inra) et l’industrie est l’objet du troisième axe. Le quatrième axe concerne la réduction et la sécurisation de l’utilisation des pesticides à travers une formation continue mise en place par filière. D’ici 2010, un dispositif d’évaluation des connaissances des utilisateurs, applicateurs et conseillers sera mis en place. Un certificat utilisateur, qui sera obligatoire pour l’achat de produits pesticides, à compter de 2014, sera délivré en cas de réussite ou de suivi d’une formation. Des fonds de formation seront pour cela mobilisés.

L’axe 5 vise à renforcer la surveillance des risques sanitaires existants pour les plantes, à travers des dispositifs de surveillance épidémiologique informatisés, basés sur les observations réalisées sur le terrain. Le 6ème axe concerne la prise en compte des spécificités des départements d’Outre-mer pour la mise en œuvre de ce plan. L’axe 7 porte sur la réduction de l’usage des pesticides dans les zones non agricoles (espaces verts, jardins amateurs…) qui représentent environ 10% des usages de pesticides. Une certification des applicateurs prestataires de service dans ces zones sera mise en place. Ces acteurs seront formés spécifiquement à la réduction de l’usage de ces produits.

Enfin, l’axe 8 concerne le suivi national du plan, sa déclinaison territoriale et la communication sur la réduction de l’utilisation des pesticides. La composition du comité de suivi national reflètera celle des groupes de travail du Grenelle. Un plan de communication sera mis en œuvre en 2009 pour sensibiliser les professionnels, et en 2010 le grand public.


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