Pesticides: le plan Ecophyto 1 est mort

Le 08 mars 2016 par Romain Loury
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Fongicides et herbicides en hausse
Fongicides et herbicides en hausse
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Triste épilogue pour Ecophyto 1: publiés mardi 8 mars, ses derniers résultats font état d’une nouvelle hausse du recours aux pesticides, de 9,4% entre 2013 et 2014. Place désormais au plan Ecophyto 2, censé faire autant, mais différemment et à plus long terme.

Le plan Ecophyto 1 aura largement failli à son principal objectif, celui de réduire de 50% le recours aux pesticides entre 2008 et 2018. De 2009 à 2013, celui-ci a augmenté en moyenne de 5% par an, selon l’indicateur Nodu (nombre de doses unité).

Les chiffres livrés mardi par le ministère de l’agriculture sont encore pires: entre 2013 et 2014, la hausse a été de 9,4%, et de 5,8% en comparant les périodes 2012-14 à 2011-13. Pour les substances CMR (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques), la hausse est de 12,9% entre 2013 et 2014.

Cette augmentation est même observée pour les zones non agricoles, du moins entre 2013 et 2014 (+10,1%). Entre les périodes 2011-13 et 2012-14, il y a au contraire une légère baisse (-2,2%).

Un climat peu propice à la sobriété

Cette consommation effrénée est principalement tirée par les herbicides et les fongicides, le ministère évoquant dans un communiqué «une pression élevée des maladies causées par des champignons (sauf en viticulture)», du fait d’un climat doux et humide en 2014.

Signe encourageant, les fermes du réseau Dephy (Démonstration, expérimentation et production de références sur les systèmes économes en phytosanitaires), fer de lance d’Ecophyto, livrent des résultats très positifs.

Au nombre d’environ 1.900, elles ont obtenu une nette baisse du recours aux pesticides: «entre 2012 et 2014, le nombre de traitements moyen a diminué de 10% en grandes cultures et polyculture-élevage, de 12% en arboriculture et en viticulture, de 15% en cultures légumières, de 38% en horticulture et de 22% en canne à sucre», explique le ministère.

Ecophyto 2, et c’est reparti!

Préparé fin 2014 sur les ruines de son prédécesseur, officiellement présenté en octobre 2015, Ecophyto 2 prévoit quant à lui une baisse de 25% d’ici à 2020, puis de 50% d’ici 2025. Dans un premier temps par des moyens techniques déjà disponibles, dans un second par des leviers économiques.

Parmi les moyens, un réseau Dephy de 30.000 exploitations, ou encore les certificats d’économie de produits phytosanitaires (CEPP), qui entreront en vigueur en juillet 2016 selon le même modèle que les certificats d’économie d’énergie, avec des pénalités financières pour les distributeurs n’obtenant pas le nombre de CEPP compensant leurs ventes.

«Une concertation avec les professionnels se tiendra courant mars, conformément aux engagements pris par le Premier ministre, pour des propositions au ministre pour la fin mars 2016. Le travail de concertation portera sur les indicateurs des CEPP, le dispositif de pénalités et les modalités d’incitation», explique le ministère dans son communiqué.

La question des indicateurs d’utilisation des pesticides, aussi critique pour les CEPP que pour le suivi du plan, fait débat: à l’automne 2015, plusieurs associations et agronomes se sont élevées contre un possible abandon du Nodu (nombre de doses unité), utilisé lors d’Ecophyto 1, et que certains considèrent comme à l’origine de son échec.



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