Pesticides: le gouvernement présente un plan de désintoxication de l’agriculture

Le 25 avril 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Paris veut aussi réviser la législation européenne sur les phyto.
Paris veut aussi réviser la législation européenne sur les phyto.
DR

Le gouvernement a présenté, ce mercredi 25 avril, un plan visant à «rendre l’agriculture moins dépendantes des pesticides». Pas sûr que les mesures préconisées suffisent. 

 

Mettons tout de suite fin au suspens: le plan publié par les ministères de l’agriculture, de la santé et de la transition écologique n’a rien de révolutionnaire. Tout juste évolutionnaire, pourrait-on dire. Pas d’interdiction immédiate de molécules problématiques, ni de multiplication des aides à la conversion vers l’agriculture biologique.

Plus prosaïquement, il s’agit de diminuer l’usage des substances les plus préoccupantes, de mieux connaître les impacts des pesticides, d’amplifier la recherche pour élaborer des alternatives. Sans oublier de redonner un coup de jeune au plan Ecophyto, aux échecs retentissants.

Nouvelles études

La France va demander à la Commission des financements qui permettront aux agences nationales et communautaires de conduire de nouvelles études d’évaluation des risques «pour les substances les plus controversées». Paris veut aussi réviser la législation européenne sur les phyto, pour rendre «le système plus sûr, plus transparent et plus simple». Il s’agit notamment de permettre à un Etat (la France?) de substituer à une molécule problématique une autre jugée moins toxique.

Paris recommande également de prendre en compte, «lorsque c’est possible», les effets cocktail et cumulatifs des pesticides dans le cadre de l’évaluation des risques.

certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques

En France, le gouvernement annonce la fixation, pour 2019, d’un objectif intermédiaire pour le dispositif des certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques (CEPP). Le plan prévoit aussi une révision des modalités de calcul de la redevance pour pollution diffuse afin d’inciter à l’usage des produits alternatifs.

Pour améliorer la connaissance sur les impacts des phyto, le plan appelle les chercheurs à réviser leurs classiques. Inserm et Inra[1] sont appelé à mettre à jour leur expertise sur les effets sanitaires et environnementaux des pesticides. Le plan propose de lancer une campagne de surveillance nationale des pesticides dans l’air ambiant et de soutenir les études épidémiologiques sur l’exposition interne des populations aux pesticides. Les textes définissant les ‘zones non traitées’ et protégeant les insectes pollinisateurs seront durcis.

le retour de la bio?

Laboratoires et entreprises seront mobilisés pour développer des alternatives, notamment au glyphosate et aux insecticides néonicotinoïdes. Sans trop s’étendre, l’Etat promet aussi de développer l’accompagnement et la formation des agriculteurs souhaitant réduire l’utilisation de pesticides. Sans rire, le ministère de l’agriculture propose d’«amplifier le dispositif de haute valeur environnementale et de la certification en agriculture biologique». Sept mois après avoir supprimé certaines de ces aides.

 

Le plan annonce aussi une révision de la gouvernance et des feuilles de route (nationale et régionales) du plan Ecophyto. Une nouvelle version de ce plan devant être soumise à la consultation du public au mois de juillet prochain.

 



[1] Inserm: Institut national de la santé et de la recherche médicale; Inra: Institut national de la recherche agronomique

 

 



Sites du groupe
Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus