Pesticides: la Nouvelle-Aquitaine cherche la sortie

Le 27 février 2019 par Stéphanie Senet
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Guillaume Choisy, directeur général de l'agence de l'eau Adour-Garonne
Guillaume Choisy, directeur général de l'agence de l'eau Adour-Garonne

 

Un appel à manifestation d’intérêt pour la sortie des pesticides a été annoncé, ce 27 février, par la région Nouvelle-Aquitaine et l’Agence de l’eau Adour-Garonne à l’occasion du Salon de l’agriculture. Lancement officiel en avril.

 

«C’est un nouveau cap. L’idée est de passer à un stade plus massif en travaillant avec les filières agricoles et non plus des exploitations isolées pour améliorer sensiblement la qualité des eaux», résume Guillaume Choisy, directeur de l’Agence de l’eau Adour-Garonne. Cet appel à manifestation d’intérêt –une première dans la région– associe l’agence au conseil régional, pour cibler des actions pérennes au plan économique. Il sera officiellement lancé en avril, avec réception des dossiers jusqu’à fin 2019 et démarrage des opérations début 2020.

 25% de pesticides en moins

Dans le passé, environ 700 exploitations ont déjà été aidées par l’agence, notamment dans le cadre d’Eco-Phyto2, pour se convertir au bio ou adopter des pratiques agro-écologiques comme les assolements et la baisse des intrants. «Nous nous sommes rendu compte qu’une baisse de 25% du volume des pesticides utilisés n’avait pas d’effet sur la rentabilité de l’exploitation malgré la baisse des rendements», note Guillaume Choisy. Mais ces aides restent marginales à l’échelle du territoire régional puisqu’elles n’ont touché que 0,7% des exploitations[1].

Viticulture et élevage

Pour changer d’échelle, cet appel à manifestation d’intérêt vise désormais les filières et les groupes d’exploitations. «Nous pourrons, par exemple, cibler le changement de cépages dans la viticulture au profit d’espèces plus résistantes aux champignons. Ou encore la transformation de champs de soja en luzerne, moins gourmande en eau, pour l’alimentation animale», explique Guillaume Choisy. Viticulture oblige, la Gironde est le troisième département français le plus consommateur de pesticides par hectare (13 kg/ha), selon la carte de France publiée en novembre dernier par l’association Générations futures.

Le montant de l’enveloppe n’a pas encore été communiqué, mais l’Agence de l’eau Adour-Garonne puisera dans les 27 millions d’euros consacrés chaque année à la lutte contre les pollutions diffuses d’origine agricole, dans le cadre de son 11e programme d’intervention. Un chiffre en hausse de 30% en 2019.

 

 

 

 

 

 



[1] La région compte environ 100.000 exploitations



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