Pesticides et riverains: une charte de bonnes pratiques signée en Corrèze

Le 20 mars 2017 par Romain Loury
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Une charte pour la pomme du Limousin
Une charte pour la pomme du Limousin

Une première charte de bonnes pratiques d’utilisation des pesticides a été signée, lundi 20 mars en Corrèze, entre des pomiculteurs et une association de riverains. Première en France, cette expérience pourrait essaimer dans d’autres régions.

«Nous sommes partis d’une situation très tendue, mais désormais nous avons pu instaurer un dialogue», se félicite Fabrice Micouraud, porte-parole de l’association Allassac ONGF, à l’initiative de cette charte. Signé lundi 20 mars à Lubersac (Corrèze), cet accord entre le syndicat AOP Pommes du Limousin et l’association prévoit plusieurs mesures afin d’éviter la surexposition des riverains aux pesticides.

Dispositifs anti-dérive et choix des produits

Par cette charte, les pomiculteurs s’engagent notamment à installer des dispositifs anti-dérive (haies, filets) dans les «zones les plus problématiques», indique Fabrice Micouraud au JDLE. Ils devront aussi «travailler sur les produits les plus dangereux et proposer des alternatives», ajoute-t-il.

Les pomiculteurs s’engagent par ailleurs à ne plus traiter les dimanche et jours fériés, lorsque les riverains profitent de leur jardin, «sauf en cas de force majeure et après avertissement». A l’initiative des associations, la préfecture de Corrèze propose déjà une médiation en cas de litige, sur l’adresse pref-mediationphyto@correze.gouv.fr.

Outre la Corrèze, le syndicat AOP Pommes du Limousin s’est engagé à appliquer la charte sur tous les départements qu’il couvre, à savoir aussi la Dordogne, la Haute-Vienne et la Creuse. «A notre connaissance, c’est la première fois qu’une telle charte est signée, mais d’autres régions ont pris contact avec les signataires», indique au JDLE le président de l’association Phyto-victimes, Paul François. Parmi ces régions et départements, «la Bretagne, l’Ardèche et la Haute-Loire», précise Fabrice Micouraud.

Un premier pas

Pour autant, «cette charte n’est pas une baguette magique qui va régler tous les problèmes, mais j’ai bon espoir qu’elle évite beaucoup de contentieux», tempère le porte-parole d’Allassac ONGF. N’y a-t-il justement pas un risque de décourager d’éventuels projets de conversion au bio? «Nous allons encourager la conversion au bio, et nous en dresserons un bilan suite à la mise en place de la charte», assure Fabrice Micouraud.

Pour Paul François, «la charte va dans le bon sens. En tant qu’agriculteur, je connais la complexité  pour changer de méthode. Il faut y aller par paliers, et avec cet accord les pomiculteurs font un pas: celle de la fin du déni et d’une prise de conscience des nuisances occasionnées aux riverains».

Lundi 20 mars, l’association Générations futures a lancé sa 12ème semaine pour les alternatives aux pesticides, avec plus de 700 évènements prévus en France et dans 18 autres pays. 



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