Pesticides et équipements minent les cours d’eau du Sud-est

Le 20 mars 2013 par Stéphanie Senet
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40% des cours d'eau sont contaminés par des pesticides
40% des cours d'eau sont contaminés par des pesticides

Le bassin Rhône-Méditerranée-Corse ne fait pas exception en France. A peine la moitié de ses eaux atteignent un bon état écologique, selon son dernier rapport présenté ce 20 mars lors d’une conférence de presse à Paris.

47% des cours d’eau du Sud-est ont en effet présenté, en 2011, un bon état écologique, loin encore de l’objectif du Grenelle qui vise 66% des cours d’eau en 2015. C’est à peu près le même résultat qu’en 2010 (51% voir JDLE), compte tenu des incertitudes liées à l’évaluation.

Si 20% des cours d’eau affichent un mauvais état, c’est –sans surprise- en raison des substances chimiques qu’ils renferment et de leurs altérations physiques (dégradation de la morphologie, de la continuité écologique et du régime hydrologique).

Les pesticides s’avèrent encore largement présents dans le bassin: 40% des cours d’eau et 20% des nappes phréatiques sont contaminés par une ou plusieurs molécules. Au total, 210 substances ont été repérées dans les eaux superficielles et 129 dans les eaux souterraines (sur 800 recherchées). «Les deux victoires récentes sont liées à la réduction des pollutions organiques, grâce à la modernisation en cours des stations d’épuration de moyenne taille, et à l’interdiction progressive des lessives sans phosphates, mais on n’enregistre aucune évolution positive en matière de pesticides», commente Martin Guespereau, directeur de l’Agence de l'eau RMC. Le glyphosate –substance active du Roundup- reste le plus présent (dans 40% des cours d’eau), à des taux dépassant parfois 200 fois la norme (0,1 microgramme par mètre cube pour l’eau potable).

Au total, 49 captages du bassin, touchant 38 nappes phréatiques, sont donc trop pollués pour offrir une eau propre à la consommation. «Pour les dépolluer, nous avons prévu un financement de 288 millions d'euros dans le 10e programme 2013-2018, mais il faut bien sûr agir à la source. En plus des conséquences néfastes pour l’environnement, il coûte 2,5 fois plus cher d’agir sur la pollution que de la prévenir par des mesures de compensation aux agriculteurs», ajoute Martin Guespereau.

Il faut ajouter que des pesticides interdits sont encore utilisés. L’agence en comptabilise 49 dans les eaux superficielles (dont la terbuthylazine, un herbicide) et 20 dans les eaux souterraines. Un problème qui relève directement de la police de l’eau.

Outre les pesticides, les rivières du Sud-est sont aussi contaminées par des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), issus de la pollution de l’air (combustion des chauffages au bois ouverts des particuliers surtout), et par des polychlorobiphényls (PCB) dont la vente est pourtant interdite depuis 1987 mais qui persistent dans l’environnement pendant de nombreuses années.

Deuxième préoccupation majeure du bassin: l’altération physique de ses cours d’eau, «une véritable bête noire, car la rectification a créé des rivières trop serrées et trop droites qui creusent les nappes, les ponts, et les pompages et aggravent les crues», résume le directeur de l’Agence de l’eau. Au total, 60% des rivières sont dégradées par des équipements (barrages, seuils, digues).

Enfin, un tiers des rivières sont dégradées à cause d’un débit insuffisant lié, une fois encore, aux activités agricoles et en particulier à leurs prélèvements excessifs.



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