Pesticides et abeilles: selon les Autrichiens, l’Europe tarde à réagir

Le 17 avril 2012 par Geneviève De Lacour
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Que fait l'Europe pour sauver les abeilles?
Que fait l'Europe pour sauver les abeilles?

Deux études récentes, l’une britannique, l’autre française, publiées fin mars dans la revue Science ont montré comment une famille d’insecticides, les néonicotinoïdes, nuit gravement non seulement aux abeilles mais aussi aux bourdons (voir JDLE).

Ces résultats et notamment ceux de l’étude française sur le Cruiser ont amené le ministère français de l’agriculture à réagir rapidement. Il a annoncé dans la foulée de la publication qu'il envisageait d'interdire le pesticide.

Aujourd’hui, c’est au médiateur européen, le grec Nikiforos Diamandouros, d’ouvrir une enquête afin de déterminer si la Commission européenne a pris des mesures appropriées pour lutter contre la mortalité accrue des abeilles dans l'Union. L’enquête a été ouverte après la plainte du collège des médiateurs autrichien qui accuse la Commission de ne pas avoir pris en compte «les nouvelles preuves scientifiques plaidant en faveur de la limitation de l'utilisation de ces insecticides».

Le rôle du médiateur européen est d’enquêter sur des cas de mauvaise administration dans l'action des institutions et organes de l’UE. Tout citoyen de l'Union, résident, entreprise ou association peut introduire une plainte auprès de lui.

En cause donc, toujours ces mêmes néonicotinoïdes. La Commission a autorisé leur utilisation pour la protection des végétaux. Mais la réglementation prévoit un réexamen de l'autorisation de ces substances au cas où de nouvelles preuves scientifiques indiqueraient qu'elles ne remplissent plus les critères d'approbation, si elles constituent, par exemple, une menace pour la santé animale.

Selon le collège des médiateurs autrichien, «les observations des apiculteurs, ainsi que de nouvelles preuves scientifiques, suggèrent que certains néonicotinoïdes auraient conduit à une mortalité accrue des abeilles ces dernières années».

En 2011, la Commission a déclaré qu'elle était consciente de la toxicité de cette famille de pesticides systémiques. Cependant, elle a fait valoir que leur «utilisation devrait être possible si le traitement est limité à des niveaux non nocifs». Or les deux dernières études, celles publiées en mars, montrent que même de faibles doses de ces pesticides perturbent le système nerveux central des abeilles et provoquent la mort indirecte par délocalisation, c’est à dire le non-retour à la ruche.

Le médiateur autrichien considère donc que la Commission n'a pas pleinement traité la question de la mortalité des abeilles et de la probabilité qu'elle soit liée à ces insecticides. Selon lui, la Commission devrait tenir compte des nouvelles preuves scientifiques et prendre des mesures appropriées, en révisant l'autorisation des substances.

Le médiateur européen doit rendre son avis le 30 juin prochain.



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