Pesticides: Elisabeth Borne veut interdire tout usage non agricole avant l’été

Le 10 janvier 2020 par Romain Loury
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Elisabeth Borne plus incisive sur le non-agricole que sur l'agricole.
Elisabeth Borne plus incisive sur le non-agricole que sur l'agricole.
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Vers l’interdiction des usages non agricoles des pesticides «avant cet été»? C’est ce qu’a dit souhaiter la ministre de la transition écologique, Elisabeth Borne, vendredi 10 janvier sur France Info.

Grâce à la loi du 6 février 2014 visant à mieux encadrer l’utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire national («loi Labbé»), les usages non agricoles des pesticides ont été largement réduits: depuis janvier 2017, les personnes publiques (Etat, collectivités, etc.) ont l’interdiction de les utiliser dans les jardins, espaces verts, promenades, etc. Depuis janvier 2019, leur vente et leur utilisation est désormais interdire aux particuliers pour un usage non professionnel, par exemple pour l’entretien d’un jardin.

Une baisse de 51% depuis 2009

Résultat, ces usages, qui ne constituent que 1% de la quantité de substances actives (QSA) vendue en France, ont fortement baissé: l’indicateur Nodu (nombre de doses unités) a chuté de 27% entre 2016 et 2017, de 25% entre 2017 et 2018, et de 51% entre 2009-2011 et 2016-2018, selon une note de suivi du plan Ecophyto. A l’inverse, la hausse des usages agricoles s’élève à 24% entre 2017 et 2018, signant une nouvelle fois l’échec de ce plan.

Interrogée vendredi 10 janvier sur France Info au sujet de ce dernier chiffre, la ministre Elisabeth Borne l’a reconnu: «on n’est pas sur le bon chemin, il faut donner un nouveau souffle à cette politique». «Il y a un accompagnement important [des agriculteurs], il faut trouver de nouveaux leviers. La prochaine politique agricole commune (PAC) doit aussi avoir cela au cœur de sa conception, il faut évidemment soutenir les usages les plus vertueux en termes d’environnement», a-t-elle ajouté.

De nombreuses niches demeurent

Seule piste concrète avancée, Elisabeth Borne a dit souhaiter qu’«on interdise tous les usages non agricoles avant cet été». Plusieurs d’entre eux demeurent en effet autorisés, par exemple dans les cimetières, les terrains de sport, les espaces végétaux appartenant à des entreprises, les abords de voies ferrées, etc.

Contacté par le JDLE, le sénateur Joël Labbé (EELV, Morbihan) «ne peut qu’être satisfait d’entendre cela», d’autant qu’il travaille actuellement à «un complément de la loi Labbé», sous forme de proposition de loi qui étendrait l’interdiction à tous les usages non agricoles. «Si tout est fait, tant mieux. S’il reste des choses, je déposerai ma proposition de loi» afin de combler ces lacunes, ajoute-t-il.

Elisabeth Borne a par ailleurs  rappelé l’engagement gouvernemental d’interdire le glyphosate pour «l’essentiel» des usages agricoles au 1er janvier 2021 –avant une interdiction totale au 1er janvier 2023. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) travaille actuellement à définir les usages pour lesquels il existe des alternatives.