Pesticides domestiques: une étude sur les cancers pédiatriques

Le 16 décembre 2014 par Romain Loury
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Un impact sanitaire encore peu connu
Un impact sanitaire encore peu connu
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Quel lien entre les cancers de l’enfance et les pesticides d’usage domestique? Encore peu connu, le sujet va faire l’objet d’une étude franco-belge, appelée Metachild. Son objet, faire le point sur la littérature scientifique, sous forme d’une méta-analyse.

«On sait très peu de choses sur les pesticides domestiques, les informations remontent peu», rappelle Laurence Payrastre, chercheuse à l’unité de recherche Toxalim (Institut national de la recherche agronomique, Inra, Toulouse), au JDLE. Les utilisateurs eux-mêmes sont assez peu informés des précautions d’usage, notamment en termes de fréquence.

Pire, ils ont rarement conscience que la substance constitue un pesticide, notamment pour les produits de jardinage, mais encore moins pour les biocides ou pour les traitements de leurs animaux domestiques, expliquait Jean-Luc Volatier, adjoint au directeur de l’évaluation des risques de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), interrogé en juillet par le JDLE. Or ces produits sont loin d’être sans risque.

Leur usage non-agricole va être strictement limité au cours des prochaines années. Selon la loi du 6 février 2014 visant à mieux encadrer l’utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire national, les particuliers ne pourront plus les utiliser à partir de 2022, à l’exception de ceux utilisés en agriculture biologique, ceux qualifiés à faible risque, ceux de bio-contrôle, ou bien en cas de danger sanitaire. Pour les espaces publics, la mesure prendra effet dès 2016.

Cancers du sein, leucémies…

Selon les quelques études déjà publiées à ce sujet, les pesticides domestiques seraient liés à un risque accru de cancer du sein chez les femmes et de leucémies, notamment chez les enfants. D’autres effets ont été suggérés sur le poids à la naissance et le risque de malformations génitales, rappelle Laurence Payrastre.

Au-delà de ces quelques résultats, on en sait encore peu sur le risque encouru par les enfants, notamment en cas d’exposition postnatale. «Les cancers de l’enfant sont rares, il n’est pas facile de trouver des associations significatives à moins de mener de très grandes études», rappelle la chercheuse toulousaine.

Tel est donc l’objectif de l’étude Metachild, menée par l’équipe de Geneviève Van Maele-Fabry de l’université catholique de Louvain (Belgique), en collaboration avec l’unité Toxalim. Retenu par l’Anses dans le cadre de son appel à projets de recherche sur la santé environnementale et la santé au travail, le projet va consister à identifier les études ayant évalué le lien entre pesticides domestiques et cancers pédiatriques, notamment les tumeurs cérébrales et les lymphomes, puis à les grouper sous forme de méta-analyse.

Résultats dans deux ans

Nec plus ultra de la recherche épidémiologique, les méta-analyses permettent de collecter un grand nombre de cas jusqu’alors éclatés entre diverses études, et ainsi d’accroître la significativité statistique. Conduit dans la lignée de l’expertise collective «Pesticides et santé» publié par l’Inserm en juin 2013, «il s’agira d’un gros travail bibliographique», prévoit Laurence Payrastre, qui estime avoir des résultats «dans deux ans».

Egalement centrée sur les pesticides domestiques, l’étude Pesti’Home de l’Anses devrait quant à elle livrer ses premiers résultats en 2015. Lancée en juillet auprès de 1.500 foyers, cette enquête consiste à mieux connaître l’utilisation de ces produits en France, notamment quant à leur nature et à leur fréquence d’utilisation (voir le JDLE).



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