Pesticides domestiques: premier bilan en 2015

Le 02 juillet 2014 par Romain Loury
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Une étude menée jusqu'en octobre
Une étude menée jusqu'en octobre
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Un premier état des lieux complet de l’utilisation de pesticides par les particuliers va être dressé en France, avec le lancement jeudi 3 juin de l’étude Pesti’home par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Au total, 1.500 foyers tirés au sort seront interrogés dans 150 communes de France métropolitaine. Lancée jeudi, l’étude s’achèvera en octobre, avec des résultats publiés «dans le courant de l’année 2015», indique l’Anses. «Si vous acceptez de participer, l’enquêteur recensera avec votre aide, les produits utilisés à votre domicile, ainsi que la manière dont vous les utilisez. Toutes les données collectées seront strictement confidentielles», ajoute-t-elle.

Menée par l’Observatoire des résidus de pesticides (ORP) de l’Anses, Pesti’home concerne «tous les produits destinés à éliminer les nuisibles (insectes, acariens, rongeurs, poux, mauvaises herbes, etc.) ou à traiter les plantes (insectes, champignons, maladies)», aussi bien à l’intérieur qu’autour de l’habitation, y compris ceux appliqués comme antiparasitaires aux animaux de compagnie.

Première étude de cette ampleur en France, elle vise à compléter les données d’exposition des Français aux pesticides, au-delà de la voie alimentaire et de l’utilisation professionnelle. Si le sujet est encore peu connu, on estime que les usages non agricoles des pesticides représentent 10% des usages globaux, dont 2% pour les espaces verts et 8% chez les particuliers.

Une «sensibilité» sans grande conscience

L’interrogatoire aura lieu à domicile, et non par téléphone. Interrogé par le JDLE, Jean-Luc Volatier, adjoint au directeur de l’évaluation des risques de l’Anses, explique qu’«il s’agit de permettre [aux personnes interrogées] d’aller voir les références des produits, jusque dans les caves. Par téléphone, il n’aurait pas été facile de recueillir ce genre d’information».

Car si la population présente «une plus grande sensibilité» que par le passé à ces substances, «le consommateur n’associe pas souvent ses pratiques à l’usage de pesticides», trop souvent réduits à leur usage agricole, ajoute Jean-Luc Volatier. Un lien qu’ils font déjà rarement pour les produits de jardinage, encore moins pour les antimites et antiparasitaires pour animaux domestiques.

Si plusieurs études ont révélé un lien entre utilisation de pesticides domestiques et certaines maladies, notamment cancers du sein et leucémies, Pesti’home ne comportera pas de questions sur la santé. Selon Jean-Luc Volatier, il faudrait pour cela une cohorte bien plus importante, sur une période beaucoup plus longue. Ces résultats serviront en revanche de base à une future étude de l’ORP, visant à mesurer la présence de pesticides au domicile.

Interdiction des produits phytosanitaires domestiques en 2022

Pesticides d’usage domestique ou utilisés dans les espaces publics, leur usage va être strictement limité au cours des prochaines années. Selon la loi du 6 février 2014 visant à mieux encadrer l’utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire national, les particuliers ne pourront plus les utiliser à partir du 1er janvier 2022. A l’exception de ceux utilisés en agriculture biologique, ceux qualifiés à faible risque, ceux de bio-contrôle, ou bien en cas de danger sanitaire.

Du côté des espaces publics, la loi fixe une échéance fixée au 1er janvier 2020, mais elle pourrait être avancée au 1er mai 2016. C’est en tout cas le sens d’un amendement du gouvernement introduit dans le projet de loi de biodiversité, actuellement en première lecture à l’Assemblée nationale (voir le JDLE).

Dans un rapport publié fin avril 2013, l’Institut de veille sanitaire (InVS) révélait que les Français étaient particulièrement imprégnés de pesticides (voir le JDLE). Y étaient déjà dévoilées quelques données sur l’usage domestique, mais sans aucune indication de fréquence.

Selon l’InVS, près de 18% des personnes interrogées utilisent des pesticides dans leur jardin, mais seulement 4,7% sur leurs plantes d’appartement. L’usage comme antipuces sur les animaux domestiques constitue le recours le plus fréquent aux pesticides (38% des personnes), juste devant celle contre les insectes rampants (36%) et sous forme de diffuseur (30%).



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