Pesticides: deux viticulteurs girondins mis en examen

Le 02 novembre 2016 par Romain Loury
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Trop de vent pour les épandages
Trop de vent pour les épandages
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Deux exploitations viticoles de Villeneuve-de-Blaye (Gironde) ont été mises en examen pour «usage inapproprié de produits phytosanitaires», a révélé mardi 1er novembre le quotidien Sud Ouest. A l’origine de cette affaire, l’intoxication d’écoliers et de leur institutrice début mai 2014.

Le 5 mai 2014, 23 élèves d’une école primaire de Villeneuve-de-Blaye (environ 400 habitants) avaient été victimes d'irritations oculaires, de maux de gorge et de maux de tête, alors que leur institutrice avait dû être hospitalisée. En cause: l’épandage de fongicides sur des vignes riveraines, opération dont une enquête administrative avait révélé les «conditions inappropriées, sans qu'aient été prises toutes les précautions pour le voisinage».

Les traitements ont en effet été effectués alors que le vent soufflait à 30 km/heure, bien au-dessus de la limite réglementaire, à savoir un vent de force 3 sur l’échelle de Beaufort (environ 19 km/h).

Après un classement sans suite, le tribunal administratif de Libourne s’est décidé, en décembre 2015, à ouvrir une information judiciaire contre X pour «utilisation inappropriée de produits phytopharmaceutiques», suite à une plainte déposée par la Fédération des sociétés pour l'étude, la protection et l'aménagement de la nature dans le Sud-Ouest (Sepanso).

Conventionnel et bio

En mars, l’affaire avait donné lieu à une polémique entre associations et Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de Gironde: les premières affirmaient, sur la base d’un document de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Aquitaine, que seuls des pesticides conventionnels étaient en cause, tandis que la dernière avait avancé que c’était une exploitation bio qui était à l’origine de l’accident.

La vérité se situe entre les deux: selon des documents de la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf) d’Aquitaine, deux exploitants, l’un conventionnel (Château Castel La Rose), l’autre bio (Château Escalette), ont traité des parcelles riveraines de l’école le 5 mai 2014. Et les deux types de produits fongicides (mancozèbe, mefenoxam et spiroxamine pour le premier, bouillie bordelaise, cuivre et soufre pour le second) pourraient, en cas d’exposition aigüe, être à l’origine des symptômes éprouvés par les écoliers et leur institutrice.

Le «no comment» des exploitants

Comme l’a révélé Sud Ouest mardi 1er novembre, les deux exploitations ont été mises en examen par un juge d’instruction de Libourne, pour «usage inapproprié de produits phytosanitaires», après leur audition mi-octobre. Contactée par le JDLE, une responsable du Château Castel La Rose a refusé de s’exprimer tant que l’affaire était en cours. Quant au Château Escalette, il n’a pu être joint par le JDLE.

Ce rebondissement intervient alors qu’un nouvel arrêté sur l’utilisation des pesticides est en cours de rédaction, après l’annulation du précédent texte, en juillet, par le Conseil d’Etat. Jeudi 27 novembre, lors d’une visite en Gironde, le premier ministre Manuel Valls a assuré que le nouveau texte serait, «tant dans son architecture que dans les mesures de fond, pour l'essentiel le même que celui de 2006».



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