Pesticides: des victimes des pesticides se coordonnent dans toute la France

Le 21 avril 2016 par Marine Jobert
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La carte des victimes des pesticides dressé par Générations Futures.
La carte des victimes des pesticides dressé par Générations Futures.
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Une coordination nationale d’organisations locales voit le jour, pour porter les demandes et actions des victimes des pesticides, professionnels comme particuliers. Le problème touche toute la France, avec une prédilection pour les zones viticoles.

Une coordination nationale d’organisations locales de soutien aux victimes des pesticides vient de voir le jour. Objectif: rendre visibles les victimes des pesticides, qu’il s’agisse de professionnels ou de riverains exposés. A l’aide d’une carte de France, l’association Générations futures a recensé près de 200 témoignages[1] de riverains de parcelles agricoles et de professionnels de l’agriculture, qui tous affirment avoir été contaminés par des pesticides. La grande majorité des témoignages sont issus de zones viticoles. «Nous avons été recouverts par un brouillard de pulvérisation de pesticide, épandu dans le champ limitrophe, c’est-à-dire à moins de 20 mètres de notre maison», raconte une grand-mère. Les feuilles de son pommier ont fait grise mine et un an plus tard, elle a développé des problèmes de santé qu’elle ne peut s’empêcher de relier à cet épisode.

Assurances à la rescousse

Les agriculteurs ont accès à la reconnaissance en maladie professionnelle de leurs pathologies. Les riverains, eux, sont plus démunis. «Ce sont les assurances des exploitants qui  indemnisent, surtout pour les végétaux abîmés ou détruits par les pesticides (l’enlèvement d’arbres fruitiers est coûteux), mais aussi pour des problèmes physiques, comme des maux de tête, explique Stéphane Cottineau, avocat qui conseille de plus en plus de riverains de parcelles. Les séquelles plus durables sont difficiles à faire reconnaître, notamment à cause de lien à établir entre les maux et l’exposition aux produits».

Zone tampon de 100 mètres

Constituée de 6 associations, la nouvelle coordination travaille en lien avec l’association Phyto-victimes et avec L’alerte des médecins sur les pesticides. Les structures européennes Heal et Pan-Europe[2] soutiennent l’initiative. Elle est porteuse d’une plateforme d’aménagements des règles d’épandage en vigueur. Entre autres propositions, elle demande l’instauration d’une zone tampon minimale de 100 mètres sans pulvérisations à proximité de tous les lieux de vie, sanctuarisée par les documents d’urbanisme, ainsi que par les règlements sanitaires départementaux. Un pis-aller, à la lecture de l’article L253-7-1 du code rural, qui liste les mesures de précaution à respecter en cas d’épandage à proximité de constructions. «Les habitations des riverains sont exclues des dispositions votées lors de la loi d’avenir agricole, il n’y a pas d’obligation de zones non traitées, il n’y a pas de restriction d’usage liée a? la nature des produits employés, s’indigne Générations futures. Des pesticides suspectés d’être perturbateurs endocriniens ou cancérigènes possibles ou des neurotoxiques peuvent être épandus».

Pulvérisations en semaine

L’association propose également de cantonner les pulvérisations aux jours de la semaine, en laissant deux dérogations exceptionnelles annuelles en cas de menaces réelles et imprévisibles sur la récolte. Elle propose des dispositifs simples dans les zones cultivées pour évaluer la force du vent et de rendre obligatoire les anémomètres embarqués enregistreurs dans les tracteurs pulvérisateurs.  Enfin, elle demande que soit respectée l’interdiction européenne des pulvérisations aériennes, et ce sur tout type de cultures.

 

 

 
Dominique Marchal, un agriculteur qui a développé un syndrome myéloprolifératif reconnu en maladie professionnelle, a été débouté ce 21 avril 2016 de sa demande en indemnisation. Les preuves de «l'imputabilité de la maladie de M. Marchal aux effets nocifs du benzène présent dans les produits phytopharmaceutiques utilisés» n'étaient pas suffisantes, a jugé la Cour d’appel de Metz. Une décision «injuste et incompréhensible», a regretté l’agriculteur auprès de l'AFP.

 



[1] Et 200 autres témoignages sont annoncés.

[2] Dont François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, est le président.

 



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