Pesticides: des résidus dans le panier de la ménagère européenne

Le 30 juillet 2018 par Marine Jobert
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81.482 échantillons ont été testés.
81.482 échantillons ont été testés.
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Dans son rapport de surveillance annuelle, l’Agence européenne pour la sécurité alimentaire (Efsa) assure que 96,2% des échantillons alimentaires analysés présentent des résidus de pesticides dans les limites autorisées par la législation de l’Union.

Pommes, choux pommés, poireaux, laitues, pêches, fraises, tomates, seigle, vin, lait de vache et graisse de porc. Voici quelques-uns des aliments que les Etats membres ont testés en 2016 parmi 81.482 échantillons prélevés sur les étals des 28 (plus l’Islande et la Norvège), pour y détecter la présence –ou non– de quelque 791 pesticides. Résultat, 45,5% des échantillons se situent dans les limites légales et 50,7% sont exempts de tout résidu quantifiable[1], assure l’Efsa dans sa livraison annuelle. Un chiffre à comparer avec ceux observés pour les produits en agriculture biologique: sur les 5.495 échantillons d'aliments organiques prélevés en 2016, 98,7% se situaient dans les limites légales et 83,1% étaient exempts de résidus quantifiables.

La majorité des échantillons testés (67%) provenaient d’Etats membres de l’Union, d’Islande et de Norvège, 26,4% étaient des produits importés de pays tiers et 6,6% étaient d'origine inconnue. Un dépassement des limites légales a été observé dans 2,4% des échantillons de produits provenant de pays de l’Union et dans 7,2% des échantillons provenant de pays non membres.

Le chlorate, nouveau venu

Tous ces résultats sont en légère hausse par rapport aux chiffres de 2015, ce que l’Efsa attribue à la présence de résidus de chlorate[2], un composé qui a été inclus pour la première fois dans la collecte de données sur les pesticides. Le fait qu’un produit soit jugé conforme signifie qu’aucun pesticide, parmi ceux testés, ne dépasse deux fois la limite maximale de résidus (LMR). Or ces valeurs sont fréquemment mises en cause, par exemple par les mécanismes propres aux perturbateurs endocriniens, car elles ne prennent pas en compte les effets, même à faible dose, de ces substances.

Les produits ‘bruts’ plus contaminés

Les produits ‘bruts’ comportent sensiblement plus de résidus que la nourriture transformée, a constaté l’Efsa (50,1% des échantillons étaient exempts de résidus quantifiables, 46,9% contenaient des résidus quantifiés dans les limites légales et 3,9% dépassaient la LMR, contre 63,8%, 33,4% et 2,8%). Et c’est toujours dans les produits ‘bruts’ qu’ont été trouvés plus de cocktails de résidus (32,5% vs 13,4%). Avec une prime pour les groseilles à maquereau, le houblon, les pamplemousses, le raisin et les fruits rouges en général.



[1] La limite de quantification est la concentration à partir de laquelle le laboratoire menant l’analyse peut indiquer avec certitude la concentration d’une substance. Elle est variable d’une substance à une autre et pour une même substance peut l’être entre deux laboratoires.

[2] Le chlorate est un sous-produit de l'utilisation de désinfectants chlorés et n’est pas nécessairement lié à l'utilisation en tant que produit phytopharmaceutique.

 



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