Pesticides dans les aliments: de premières analyses d’exposition cumulée

Le 19 septembre 2019 par Romain Loury
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Le siège de l'Efsa, à Parme (Italie)
Le siège de l'Efsa, à Parme (Italie)

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a publié mardi 17 septembre ses deux premières évaluations des risques liés à l’exposition cumulée aux résidus de pesticides, l’une sur le système nerveux central, l’autre sur la glande thyroïde. Conclusion: le niveau d’exposition est en-deçà du seuil d’action réglementaire, assure l’Efsa.

Très souvent critiquée, l’évaluation de la toxicité des produits chimiques, dont les résidus de pesticides, porte toujours sur des substances isolées. Une situation extrêmement théorique, tant chacun de nous est exposé à un mélange complexe de divers agents chimiques, susceptibles d’interagir les uns avec les autres

Or l’étude de l’exposome, à savoir l’ensemble des molécules auxquelles un individu est exposé et leur impact cumulé, demeure à ce jour terra incognita. Plusieurs organismes se sont d’ores et déjà attelés à la tâche, dont l’Anses[i] en France.

Au niveau de l’UE, l’Efsa s’est aussi emparée du sujet: après une première consultation du public en 2016 sur les objectifs, elle a publié en mars une méthode harmonisée pour évaluer l’impact de ces effets cocktails.

Deux rapports soumis à consultation

Mardi 17 septembre, elle en a publié les premiers résultats, portant d’une part sur les effets aigus le système nerveux central, d’autre part sur les effets chroniques sur la thyroïde. Ceux-ci font l’objet de deux rapports distincts, soumis à consultation jusqu’au 15 novembre.

Première étape, les experts ont identifié les résidus d’intérêt, susceptibles d’avoir un effet sur le système étudié -système nerveux central ou thyroïde. Pour la thyroïde, ils ont ainsi testé deux groupes de résidus de pesticides (‘Cumulative Assessment Groups’, ou CAGs), l’un de 124 substances, l’autre de 18. Idem pour le système nerveux central, avec deux groupes de respectivement 100 et 47 substances.

Chacun de ces quatre groupes a ensuite été évalué au regard de données de surveillance des résidus de pesticides dans l’alimentation, issues de divers pays européens dont la France. Pour chacun des quatre ensembles de résidus, les calculs ont été réalisés par l’Efsa et par l’Institut national néerlandais pour la santé publique et d’environnement (RIVM, homologue de notre Anses), chacun mettant en œuvre une méthode statistique différente.

Bilan de ces études pilotes: l’exposition aux mélanges de résidus de pesticides se situe en-deçà du seuil d’action réglementaire définie par les évaluateurs du risque. L’Efsa fait toutefois état d’une incertitude pour le système nerveux central des enfants et nourrissons, selon elle liée à une approche «très conservative», conduisant selon elle à une surestimation de l’exposition.



[i] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

 



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