Pesticides aux Antilles: une exposition similaire à la métropole

Le 15 novembre 2012 par Romain Loury
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Le chlordécone constitue un problème de santé publique aux Antilles.
Le chlordécone constitue un problème de santé publique aux Antilles.

La population des Antilles françaises ne «présente pas de spécificité» en termes d’exposition alimentaire aux résidus de pesticides, selon les résultats de l’étude Sapotille publiés le 5 octobre par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). C’est dans la foulée du premier plan d’action chlordécone (2008-2010) que les autorités ont décidé de mieux étudier l’exposition aux pesticides aux Antilles.

Des données jusqu’alors peu connues, la France d’outre-mer étant exclue des études de l’alimentation totale française (EAT), du fait d’habitudes alimentaires spécifiques. Les experts de l’étude de l’Anses ont recouru à une méthode similaire à celle des études EAT, par croisement des habitudes antillaises de consommation, déterminées lors de précédentes études, et de données de contamination des aliments.

Celles-ci proviennent aussi bien de plans de surveillance (métropole, Antilles) que d’analyses chimiques menées pour l’occasion sur des couples aliments locaux/pesticides. En l’occurrence, 55 substances ont été testées dans 30 types de denrées produites et vendues aux Antilles (fruits et légumes, viande, poissons, œufs, etc.). Résultat: l’étude Sapotille «ne met pas en évidence des résultats significativement différents de ceux de l’EAT2», selon l’Anses.

Parmi les 55 pesticides, l’agence en distingue 22 ne présentant aucun risque de dépassement de la dose journalière admissible (DJA), 14 dont le risque ne peut être exclu pour certaines populations, et 19 autres pour lesquels «l’état des connaissances ne permet pas, aujourd’hui, de conclure formellement». Parmi les 14 substances les plus préoccupantes, 7 sont considérées comme à risque de dépassement élevé pour au moins une catégorie d’âge, le plus souvent les enfants de 3 à 15 ans. Il s’agit du diazinon, de la dieldrine, de l’endrine, de l’oxydéméton-méthyl, du parathion, du phorate et du diméthoate, ce dernier étant le seul encore autorisé. Selon l’Anses, «seuls le diazinon, la dieldrine et le phorate ont été détectés dans des denrées d’origine locale (respectivement dans des échantillons de poulet et ananas pour le diazinon, d’eau pour la dieldrine et de poisson pour le phorate)».

Même conclusion que pour l’EAT2: d’un point de vue nutritionnel ou chimique, mieux vaut varier son alimentation plutôt que de manger un petit nombre d’aliments en grande quantité. Objet de travaux distincts, le chlordécone s’avère de plus en plus constituer un problème de santé publique aux Antilles (voir le JDLE ). Selon l’étude Timoun, l’exposition in utero à ce pesticide altère le développement moteur et cognitif des enfants -même s’il ne dépasse pas la valeur toxicologique de référence (VTR). Un risque accru de cancer de la prostate a par ailleurs été observé chez les hommes les plus exposés, lors de l’étude Karuprostate.



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