Pesticides: 11,8% des fruits et légumes dépassent les seuils autorisés

Le 02 décembre 2013 par Marine Jobert
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Les volumes de pesticides diminuent, l'efficacité des produits augmente.
Les volumes de pesticides diminuent, l'efficacité des produits augmente.
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Avec plus de 62.659[1] prélèvements réalisés en 2012, et plus de 400.000 analyses, la Direction générale de l’alimentation (DGAL, qui dépend du ministère de l’agriculture) met en lumière les contaminations –chimiques et bactériologiques- de notre assiette. Y a-t-il des résidus chimiques dans les volailles, lapins, gibiers, ou poissons d’élevage, le lait ou le miel (comme des substances interdites, des médicaments vétérinaires ou certains organochlorés et phosphorés)? Où en est-on concernant les dioxines ou les radionucléides, l’E.Coli ou les salmonelles? Les résidus de pesticides sont-ils en deçà des limites maximales autorisées? Autant de questions abordées dans le bilan des plans de surveillance[2] et des plans de contrôle[3] menés par la DGAL en 2012.

 

Globalement, les taux de conformité des aliments avec les seuils règlementaires de polluants frôlent les 100% pour la plupart des denrées. Sauf pour une classe d’aliments: les végétaux. Concrètement, 88,4% des fruits et des légumes contrôlés, tant en métropole que dans les Antilles (Guadeloupe et Martinique, très touchées par le chlordécone) sont jugés dans la norme.

 

LMR et AMM maltraitées

689 prélèvements ont été réalisés (dont 536 à la récolte) à l’occasion de contrôles chez des agriculteurs, pour vérifier l’utilisation de substances actives interdites ainsi que le non-respect des respect des limites maximales de résidus (LMR). En 2012, les cultures ciblées ont été: abricot, ananas, aubergine, banane, brede (mafana et morelle), carotte, cassis, céleri (rave ou branche), cerise, concombre, courgette, endive, fraise, kiwi, lentille, mangue, pêche, poire, pomme, pomme de terre, radis ou navet, raisin, salades (laitue, mâche ou scarole), tomate.

Sur les 536 échantillons prélevés à la récolte, 55 (soit 11,8% des prélèvements) présentent des résultats supérieurs aux LMR et/ou des substances actives sans autorisation de mise sur le marché pour la culture sur laquelle elles ont été employées. Près de 80% d’entre eux contiennent des pesticides ne bénéficiant pas d'AMM pour la culture prélevée et à une concentration supérieure la limite de détection de la méthode.

 

Usages des pesticides en hausse

«Malgré les diverses mesures annoncées, comme le plan Ecophyto et son objectif de réduction de 50% de l’utilisation des pesticides, les choses ne progressent pas dans les chiffres, elles se dégradent même. Le taux de 11,8% de non-conformité montre que les pratiques agricoles sont encore largement tournées vers un usage trop important des pesticides de synthèse», a réagi François Veillerette, le porte-parole de Générations futures, dans un communiqué. «Des réunions de sensibilisation avec les professionnels ont été organisées et des contrôles ont été renforcés», indique le ministère de l’agriculture.

 

Antilles contaminées

En Guadeloupe et en Martinique, les contrôles ont surtout porté sur les espèces végétales dont les parties consommées sont exposées au risque de contamination par le sol, essentiellement les tubercules et les racines, les légumes au contact du sol, dont les salades, cives, oignons pays, poireaux et la famille des cucurbitacées. Seule la moitié des prélèvements prévus ont été réalisés. Ils montrent toutefois que 9,5% des échantillons prélevés sur des cultures sensibles à la contamination par le chlordécone en Martinique et en Guadeloupe présentent des résultats bruts supérieurs à la LMR. «Différentes recommandations ont été énoncées, telle que d'effectuer un choix raisonné des espèces à cultiver en favorisant celles qui n'accumulent pas le pesticide», indique le ministère de l’agriculture.

 

 



[1] Dont 40.445 pour la seule boucherie, dans le contexte de la crise de la viande chevaline.

[2] Un plan de surveillance est une campagne d'analyses sur des animaux, végétaux ou denrées alimentaires, qui a pour objectif principal d'évaluer la prévalence d'un contaminant dans une population définie et donc l’exposition du consommateur à ce danger. L'échantillon est représentatif et les prélèvements sont réalisés de façon aléatoire au sein d’une population ou d’une sous-population identifiée.

[3] Un plan de contrôle est une campagne d'analyses sur des animaux, végétaux ou denrées alimentaires, qui a pour objectif principal la recherche des anomalies, des non-conformités, voire des fraudes. L'échantillonnage est ciblé et les prélèvements sont réalisés sur la base de critères prédéterminés.

 

 



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