Perturbateurs endocriniens: une stratégie européenne au milieu du gué

Le 09 novembre 2018 par Romain Loury
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La Commission européenne
La Commission européenne

Mercredi 7 novembre, la Commission européenne a publié une communication sur les perturbateurs endocriniens, pour appliquer au mieux leurs critères de définition. Elle a été saluée à mi-voix le gouvernement français et les associations, qui regrettent qu’elle n’aille pas plus loin.

Visant à calmer les critiques qui ont suivi la (tardive) adoption des critères de définition des perturbateurs endocriniens (PE) en juillet 2017, cette communication cite quelques grands principes d’action contre les perturbateurs endocriniens.

Parmi ceux-ci, «réduire le plus possible notre exposition globale» à ces substances, en mettant l’accent sur des fenêtres de vulnérabilité (grossesse, adolescence), en recourant au principe de précaution.  Ou encore «accélérer le développement d’une base de recherche approfondie pour une prise de décisions efficace et tournée vers l’avenir».

La Commission se dit aussi attachée à «promouvoir un dialogue actif permettant à toutes les parties prenantes d’être entendues et de travailler ensemble», ce qu’elle compte faire en organisant un forum annuel sur le sujet.

Un bilan de qualité de la législation PE

Point le plus saillant, «la Commission lancera un bilan de qualité afin de déterminer si la législation de l’UE relative aux perturbateurs endocriniens atteint son objectif global, à savoir protéger la santé humaine et l’environnement, en réduisant autant que possible l’exposition à ces substances», déclare-t-elle.

Saluant une «véritable stratégie européenne transversale sur ces substances», le gouvernement français, par voie d’un communiqué du ministre de la transition écologique François de Rugy et de sa secrétaire d’Etat Brune Poirson, invite toutefois la Commission à «renforcer» certains aspects et à préciser le calendrier.

«Il ne s'agit pas seulement de revoir les réglementations relatives aux perturbateurs endocriniens, mais de s’assurer d’une prise en compte homogène de ces substances dans l’ensemble des législations européennes pertinentes, et de couvrir tous les modes et voies d'exposition via les emballages, les jouets, les cosmétiques», juge le gouvernement français, qui appelle à appliquer «sans délai» les critères de définition à tous les pesticides et biocides en cours de réexamen.

Pour l’association HEAL (Health and Environment Alliance), c’est aussi l’ensemble de la législation européenne qui doit faire l’objet d’un bilan, et pas seulement celle relative aux perturbateurs endocriniens. De plus, la Commission néglige la question cruciale de l’effet cocktail, ajoute-t-elle.



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