Perturbateurs endocriniens: résolution en vue au Parlement européen

Le 18 octobre 2012 par Romain Loury
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Une décision, peut-être, en février 2013?
Une décision, peut-être, en février 2013?

Le Parlement européen prépare une résolution sur les perturbateurs endocriniens, où il appelle la Commission européenne à réduire l’exposition de la population, notamment celle des individus les plus vulnérables. Portée par l’eurodéputée suédoise Åsa Westlund [1], cette proposition de résolution devrait être soumise au vote de la commission Environnement, santé publique et sécurité alimentaire (Envi) le 18 décembre prochain, avant d’être discutée en séance plénière le 4 février 2013.

Prônant le principe de précaution, ce texte vise à remédier au vide entourant les perturbateurs endocriniens dans la législation de l’UE, que ce soit en matière d’information ou de définition de leurs propriétés, notamment l’effet cocktail. Et ce malgré les nombreux signaux d’alerte sanitaire observés ces 20 dernières années, à savoir une importante hausse de plusieurs maladies chroniques et des troubles endocriniens.

«Les effets attribués aux perturbateurs endocriniens sont si graves que le manque de connaissances précises, notamment sur les liens de causalité, ne doit pas empêcher l’adoption de mesures visant à protéger les hommes et les animaux», selon la proposition. Premiers visés, les fœtus, les nourrissons, les enfants et les adolescents, qui ont particulièrement «besoin d’un bon équilibre hormonal». Outre l’introduction dans la législation européenne d’une catégorie «perturbateur endocrinien», Åsa Westlund propose de considérer les effets prouvés comme «préjudiciables, tant qu’il n’existe pas de données scientifiques indiquant le contraire». Soit une inversion radicale de la démarche actuelle, qui met du temps avant que ne soient interdites des substances fortement suspectées d’être nocives –exemple typique, le bisphénol A.

Autre demande de changement, traiter les perturbateurs endocriniens comme «des substances pour lesquelles il est impossible d’établir une valeur-limite au-delà de laquelle des effets peuvent se produire («substances sans valeur seuil»)». «Toute exposition peut donc constituer un risque»: exit la notion de dose journalière admissible (DJA) pour cette classe particulière d’agents.

Pour cela, la Commission devra soutenir la recherche, notamment pour trouver de nouvelles méthodes d’analyse, selon la proposition. Åsa Westlund propose de limiter la présence de perturbateurs endocriniens dans plusieurs types de produits du quotidien, notamment ceux pour les soins de la peau, les textiles et les jouets, mais aussi de «renforcer les exigences» dans la construction de crèches et des écoles.

Face à une opinion publique de plus en plus inquiète, le Parlement est loin d’être le seul à s’intéresser aux perturbateurs endocriniens. Après la publication d’un rapport de la Commission, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) publiera en 2013 un avis sur les risques sanitaires et environnementaux de leur présence dans la chaîne alimentaire (voir le JDLE). [1] Åsa Westlund appartient au groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D).



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