Perturbateurs endocriniens: réglementer, produire autrement, ne plus distribuer

Le 30 septembre 2013 par Marine Jobert
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Montebourg sera t-il intéressé par ce Made in France inédit?
Montebourg sera t-il intéressé par ce Made in France inédit?
©Luc Pérénom

Mieux réglementer, produire autrement, ne plus distribuer. Voici les trois leviers identifiés par 13 associations environnementales lancées dans la lutte contre les perturbateurs endocriniens (PE), ces substances présentes par centaines dans l’alimentation et dans des produits de consommation courante et qui induisent des réponses hormonales perturbées.

Ces associations[1]  viennent de lancer une campagne intitulée «perturbateurs endocriniens: environnement perturbé, santé menacée», afin d’interpeller trois acteurs stratégiques de la réglementation, de la production et de la diffusion de ces PE. A savoir Toni Borg, commissaire européen à la santé et aux consommateurs, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, et les 6 groupes leaders français de distribution[2]. A chacun, les ONG tracent les lignes de mesures qui permettraient «de ramener à zéro notre exposition aux PE».

 

Définition européenne ambitieuse

Au niveau européen, la lutte fait rage pour la publication des critères et de la définition des PE, ainsi que l’expliquait récemment la journaliste Stéphane Horel. Les ONG enfoncent le clou, demandant au commissaire européen à la santé et aux consommateurs de mettre en place une définition des perturbateurs endocriniens «qui soit la plus inclusive possible, c'est-à-dire qui ne laisse de côté aucun PE suspecté». Elles suggèrent également qu’à l’image de la France (qui a banni le bisphénol A des biberons et, au 1er janvier 2015, des contenants alimentaires) soit engagée une «réduction de l'exposition aux PE avérés et suspectés en les interdisant en priorité dans les usages susceptibles d'affecter les populations vulnérables (dispositifs médicaux, cosmétiques, jouets, contact et denrées alimentaires) et dans les usages dispersifs (pesticides, biocides...)». Sensibilisation et formation des professionnels sur les risques, financement de la recherche et proclamation de l’interdiction -«à terme»- de tous les PE, «avec l'objectif de ramener à zéro l'exposition humaine et environnementale».

 

Le redressement par l’innovation

A Arnaud Montebourg, les associations proposent de manier vis-à-vis des entreprises la carotte et le bâton, avec ambition de «faire des défis de la santé environnementale un moteur de l'innovation et du savoir-faire industriel et économique français». Côté incitatif, financer des plates-formes d'échange, favoriser la substitution et promouvoir des filières d'excellence «Zéro PE» à l'exportation, par exemple dans le domaine alimentaire et des cosmétiques. Côté sanction, prévoir la pénalisation de l'usage continu des PE. Côté information, mettre en place une information et un étiquetage clairs.

 

Bannir les PE des supermarchés

Maillon le plus proche du consommateur, la grande distribution est également ciblée. Elle présente le double avantage de ne pas être directement utilisatrice des PE –puisqu’elle ne produit pas elle-même les objets qu’elle vend- et de pouvoir, via un cahier des charges, imposer de nouvelles contraintes à ses fournisseurs. Les ONG leur demandent rien de moins que proposer aux consommateurs des produits sans phtalates, sans parabènes, sans perfluorés et sans pesticides. Elles leur demandent également de promouvoir une information et un étiquetage clairs, compréhensibles et accessibles aux consommateurs.

 

La campagne, menée par le biais de cartes postales à envoyer aux différentes parties, doit durer jusqu’au 30 juin 2014. Une date qui coïncide avec le terme vraisemblable du mandat de la commission Barroso, après les élections européennes de mai 2014.

 



[1] Générations futures, réseau Environnement-Santé, WECF, Appel de la jeunesse, Biocoop, Confédération paysanne, Cniid, Bioconsom'acteurs, Attac, Ecologie sans frontière, Adéquations, IDAE, Agir pour l’environnement.

[2] Carrefour/Leclerc/Intermarché/Casino/Auchan/SystèmeU.

 



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