Perturbateurs endocriniens: les méthodes de caractérisation dévoilées

Le 11 juin 2018 par Romain Loury
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Le siège de l'Efsa, à Parme (Italie)
Le siège de l'Efsa, à Parme (Italie)

Après l’adoption fin 2017 des critères européens d’identification des perturbateurs endocriniens, l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et l’agence européenne des produits chimiques (ECHA) ont publié jeudi 7 juin un document d’orientation pour leur identification.

Elaboré en collaboration avec le Centre commun de recherche (JRC) de l’Union européenne, ce document vient donner corps aux critères adoptés en novembre 2017 pour les biocides, en décembre 2017 pour les pesticides. Des critères promis par Bruxelles pour décembre 2013, finalement adoptés avec près de quatre ans de retard, sur fond de fortes pressions de l’industrie.

Selon ces critères, un perturbateur endocrinien doit répondre à trois conditions: effet indésirable chez un organisme ou ses descendants, mode d’action de type hormonal, lien entre l’effet indésirable et le mode d’action hormonal.

In vitro, in vivo, etc.

Dans leur document, l’Efsa et l’ECHA dressent l’ensemble des techniques validées pour la caractérisation d’un effet perturbateur endocrinien. Parmi elles, des méthodes in vitro, in vivo (mammifères, oiseaux, amphibiens, poissons), in silico (par modélisation informatique), ainsi que des études épidémiologiques et de terrain. Manquent les techniques in vivo sur les reptiles et les invertébrés, dont l’Efsa et l’ECHA recommandent de mieux connaître les mécanismes hormonaux.

L’Efsa et l’ECHA mettent l’accent sur les résultats obtenus grâce aux bonnes techniques de laboratoire (BPL), des lignes directrices mises en place par l’Organisation de coopération et le développement économiques (OCDE). Un point dénoncé par de nombreuses associations, qui déplorent un cadre très rigide, et peu favorable aux études académiques. Les deux organismes n’excluent toutefois pas la prise en compte des études non labellisées BPL, mais «au cas par cas».

Un seul groupe suffit

Concernant le lien entre effet indésirable et mode d’action hormonal, l’Efsa et l’ECHA indiquent que la question doit être posée de manière distincte pour l’homme et pour les organismes non ciblés par le produit (mammifères, oiseaux, poissons, etc.). Dans ce dernier cas, elles estiment d’ailleurs qu’il suffit que la substance réponde aux critères pour un seul groupe d’organismes non ciblés pour être considérée comme un perturbateur endocrinien à part entière.



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