Perturbateurs endocriniens : le temps de la précaution serait-il venu?

Le 13 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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Cancer du sein ou de la prostate, problèmes d’infertilité, l’augmentation importante des maladies liées au dysfonctionnement du système hormonal inquiète les parlementaires français.
 
Dans un rapport intitulé « Les perturbateurs endocriniens, le temps de la précaution », publié aujourd’hui 13 juillet, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST)  rappelle que l’incidence du cancer du sein a doublé en France depuis les années 1980 et que le cancer des testicules a fait de même depuis les années 1970 dans les pays développés.  
 
« Les données scientifiques disponibles rendent crédibles un lien de causalité entre ces maladies et l’action de substance perturbant le système endocrinien», précise le document.
 
Substances naturelles ou de synthèse, les perturbateurs endocriniens incluent des pesticides, des phtalates, le bisphénol A (revêtement plastique des canettes, boîtes de conserve etc.). En interférant avec le fonctionnement des glandes endocrines qui sécrètent les hormones, ces molécules chimiques appartenant à différents familles sont soupçonnées d'altérer la croissance, le développement, le comportement, et d'être à l'origine de certains cancers.
 
Mais les perturbateurs endocriniens remettent en cause la toxicologie classique. De faibles doses peuvent entrainer des effets importants. De plus, l’abondance de ces molécules de nature variée dans l’environnement, favorise l’effet «cocktail». Enfin, les perturbateurs endocriniens font particulièrement effet lors de périodes sensibles de la vie (in utero, pendant l’enfance ou la grossesse).
 
S'il persiste de nombreuses incertitudes (sur les mécanismes d'action à faible doses et en mélange par exemple), le sénateur Gilbert Barbier (Groupe Rassemblement démocratique et social européen, Jura), qui a présenté le rapport, estime que les «données disponibles sont suffisantes pour agir dès maintenant afin de protéger les populations les plus vulnérables comme les bébés et les femmes enceintes ou allaitantes».

Mais les parlementaires prônent une «interdiction raisonnée». Ils ne souhaitent pas éliminer des familles entières mais plus certaines molécules qui posent problème. Le sénateur du Jura, par ailleurs chirugien, estime également que les études épidémiologiques qui restent à réaliser mériteraient une coordination au niveau interministériel (ministère de la santé, de l’écologie et l’Agence nationale de la recherche).
 
Le document parlementaire suggère également la mise en place d’un étiquetage des produits de consommation courante contenant des perturbateurs endocriniens, comme le pictogramme présent sur les bouteilles d'alcool pour les femmes enceintes.

Au niveau européen, les parlementaires français souhaitent que l’objectif d’interdire la présence de perturbateurs endocriniens dans les produits spécifiquement destinés aux femmes enceintes et allaitantes et aux jeunes enfants soit affirmé.

La substitution des produits problématiques tels que les phtalates à chaîne courte (DEHP) dans les applications médicales à destination des publics sensibles doit être accéléré selon le rapport parlementaire.



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