Perturbateurs endocriniens: le métabolisme des obèses en prend (encore) un coup

Le 26 juin 2013 par Romain Loury
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Une souris obèse?
Une souris obèse?
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Les perturbateurs endocriniens accroîtraient les troubles métaboliques chez les personnes obèses, avec des effets variables selon le sexe, suggère une étude française publiée dans la revue FASEB Journal. «Au-delà des prédispositions génétiques, d’une consommation alimentaire excessive et d’une faible activité physique -autant de facteurs qui ne suffisent pas à expliquer l’épidémie d’obésité et de diabète, les polluants environnementaux apparaissent comme de nouveaux acteurs du fait qu’ils perturbent l’activité hormonale et métabolique», rappelle l’équipe de Brigitte Le Magueresse-Battistoni, du laboratoire CarMeN (Inserm U1060) à Oullins, en périphérie de Lyon [1].

De nombreuses études l’ont montré: les perturbateurs endocriniens ont un effet diabétogène et obésogène. Objectif de cette nouvelle étude: mieux comprendre l’effet de ces polluants dans le cadre d’une obésité déjà installée, c’est-à-dire en complément d’une alimentation trop riche. Pour cela, les chercheurs ont administré à des souris, rendues obèses par un régime surchargé en graisses et en sucrose, un mélange de polluants alimentaires bien connus, en l’occurrence une dioxine (TCDD), un PCB (PCB153), un phtalate (DEHP) et du bisphénol A.

Bien qu’utilisés à des doses n’excédant pas les doses journalières acceptables (DJA) fixées chez l’homme, mais donnés aux souris toute leur vie, ces polluants s’avéraient en quantité suffisante pour altérer l’expression de gènes cruciaux pour le métabolisme et les voies hormonales, avec des différences selon le sexe de l’animal. Chez les femelles, les chercheurs ont noté une aggravation de l’intolérance au glucose (précurseur du diabète) et une altération de la voie des œstrogènes; pour les mâles, c’est le métabolisme des lipides et du cholestérol qui était affecté.

Au-delà des modifications métaboliques, le poids même de ces animaux ne différait pas selon qu’ils avaient reçu ou non la mixture chimique, dès lors que tous étaient nourris avec un régime trop riche. «Nous apportons, grâce à cette étude, une preuve de concept que de faibles doses de polluants de l’ordre des doses considérées sans effet pour l’homme ont en réalité un effet lorsque l’exposition est chronique et que les polluants sont administrés en mélange dans une alimentation enrichie en calories», explique Brigitte Le Magueresse-Battistoni, citée par un communiqué de l’Inserm. [1] «CarMeN», pour laboratoire de recherche en cardiovasculaire, métabolisme, diabétologie et nutrition



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