Perturbateurs endocriniens: la nouvelle stratégie nationale en consultation

Le 14 janvier 2019 par Romain Loury
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Les PE, menace dès le plus jeune âge
Les PE, menace dès le plus jeune âge
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La stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE2), couvrant la période 2019-2022, a été mise en consultation publique lundi 14 janvier pour une durée de quatre semaines.

Ouverte jusqu’au vendredi 8 février, cette mise en consultation a été lancée alors qu’ont lieu, lundi 14 et mardi 15 janvier à Bordeaux, les 2èmes Rencontres nationales santé-environnement. Elle a été annoncée par le ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, et de la ministre de la santé, Agnès Buzyn, tous deux présents pour l’ouverture de ces rencontres.

La SNPE2 fait suite à la SNPE1 lancée en avril 2014, qui constituait une première mondiale. Elle s’avère identique à la version présentée en décembre aux membres du Groupe santé environnement (dont le JDLE s’était fait l’écho), avec 3 grands axes (protéger la population, former, informer; prévenir l’imprégnation de l’environnement; améliorer les connaissances) déclinés en 13 mesures phares et 50 actions.

Publication d’une liste de PE fin 2021

Outre la présentation publique de la SNPE2, François de Rugy et Agnès Buzyn ont annoncé lundi à Bordeaux le lancement des travaux d’élaboration, par le Groupe santé environnement, du 4ème plan national santé environnement (PNSE4), alors que le PNSE3, lancé en 2015, arrivera à échéance fin 2019. Quatre priorités ont été fixées, à savoir «mieux connaître les expositions et les effets de l’environnement sur la santé des populations (‘exposome’)»; «informer, communiquer et former les professionnels et les citoyens»; «démultiplier les actions concrètes menées dans les territoires» et «réduire les expositions et les inégalités environnementales».

Parmi les mesures phares, citons la publication par l’Anses, fin 2021, d’une liste de substances chimiques pouvant avoir des propriétés de perturbateur endocrinien (PE). Est également prévue une meilleure formation des professionnels de santé, ainsi que de ceux impliqués dans la prévention des expositions, dont les professionnels de l’agroalimentaire, les agriculteurs, les architectes, les professionnels de la petite enfance, etc.

En termes d’imprégnation de l’environnement, il s’agit notamment d’améliorer les connaissances de divers milieux (eau, sol, air, écosystèmes, alimentation, etc.), en recourant à des campagnes de mesures. L’effet de ces agents chimiques sur la faune sauvage fera l’objet, d’ici fin 2020, d’une synthèse des connaissances, avec proposition, fin 2021, de mesures de réduction des risques.

Le plaidoyer européen de la France

Au niveau européen, le plan d’actions prévoit un plaidoyer français pour une définition harmonisée des PE dans l’ensemble de la réglementation sur les produits chimiques –au-delà des règlements sur les biocides et sur les pesticides, par exemple dans ceux ayant trait aux cosmétiques, jouets, emballages alimentaires, etc. La France continuera à soutenir une catégorisation des PE en trois classes (avérés, présumés, suspectés), alors que l’UE ne reconnaît à ce jour que les deux premières.

Côté substitution, l’approche volontariste continue à prévaloir pour les entreprises, notamment à l’aide d’appels d’offre lancés par l’Etat pour «financer des projets ambitieux». Quant à l’amélioration des connaissances, le plan évoque un soutien de la recherche à long terme, le développement d’une recherche appliquée en santé, ainsi qu’une surveillance élargie à plusieurs pathologies liées aux PE, au-delà des seuls troubles reproductifs.

Interrogée par le JDLE en décembre 2018 lors de la présentation de la dernière version, Fleur Gorre, chargée de la campagne produits chimiques de l’association Générations futures, évoquait plusieurs faiblesses de la stratégie, notamment sur l’alimentation et la substitution, mais aussi plusieurs reculs par rapport à de précédentes versions de travail. «Nous allons répondre à la consultation, et reformuler nos demandes: certaines choses peuvent encore bouger, si on se manifeste massivement. Il y a encore une carte à jouer», a-t-elle indiqué lundi 14 janvier au JDLE.



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