Perturbateurs endocriniens: la France va-t-elle jeter l’éponge?

Le 19 juin 2017 par Romain Loury
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Une proposition jugée laxiste
Une proposition jugée laxiste

Le couperet pourrait tomber début juillet: selon Le Monde, la France se préparerait à approuver la proposition de critères de définition des perturbateurs endocriniens de la Commission européenne. Au grand dam des associations et des scientifiques, qui la jugent très insuffisante.

Est-ce le signe d’un virage politique en matière de santé/environnement? Un mois après l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée et de Nicolas Hulot au ministère de la transition écologique et solidaire, la France pourrait accepter la dernière proposition de la Commission européenne en matière de critères de définition des perturbateurs endocriniens.

Cette proposition pourrait être soumise au vote du comité permanent des animaux, des végétaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux le 4 juillet. Contacté par Le Monde, l’hôtel de Roquelaure indique que «le ministre prend le temps de consulter et n’a pas arrêté sa décision», a indiqué le quotidien samedi 17 juin.

Jusqu’alors, la France, par la voix de sa ministre Ségolène Royal, faisait partie, avec la Suède et le Danemark, des Etats membres les plus résolus à obtenir une définition ambitieuse. Elle s’était même associée à la Suède lors d’une procédure devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), au terme de laquelle la Commission avait été condamnée, en décembre 2015, pour le retard pris dans la publication de ces critères.

Une proposition jugée trop permissive

L’actuelle proposition est critiquée sur plusieurs points: niveau de preuve scientifique très élevé pour définir les perturbateurs endocriniens, dérogation pour les pesticides et biocides dont le mode d’action est hormonal, absence de catégorisation du type «avérés», «présumés» ou «suspectés».

Dans un courrier envoyé jeudi 15 juin aux ministres européens en charge du dossier, trois sociétés savantes d’endocrinologie[i] exposent leurs craintes quant à cette proposition. Au vu du niveau de preuve nécessaire, «ces critères ne seront pas efficaces pour protéger la santé publique (…) et de nombreux perturbateurs endocriniens ne seront pas identifiés par ces critères tels qu’ils sont actuellement proposés», jugent-elles.

Même crainte du côté des associations: dans un communiqué, le porte-parole de Générations futures, François Veillerette, «appelle le gouvernement et son ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, à agir fermement pour défendre la santé et l’environnement en refusant de voter ces critères en l’état».

«La France doit convaincre les autres nations européennes, et notamment l’Allemagne, de renforcer ces critères, car il s’agit d’une question essentielle pour la biodiversité et la santé publique: il faut se rappeler que les perturbateurs endocriniens coûtent plus de 150 milliards d’euros par an en conséquences sanitaires en Europe», conclut-il.

Outre les perturbateurs endocriniens, la Commission européenne souhaite proposer un renouvellement d’autorisation de l’herbicide glyphosate pour une durée de dix ans. Une proposition jusqu’alors rejetée par plusieurs pays, dont la France… pour l’instant.



[i] Une internationale (l’Endocrine Society), deux européennes (l’European Society of Endocrinology, l’European Society for Paediatric Endocrinology).

 



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