Perturbateurs endocriniens : l’Inserm réservé sur les conséquences sanitaires

Le 20 avril 2011 par Romain Loury
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Les études épidémiologiques sur les perturbateurs endocriniens sont trop peu nombreuses pour conclure à un effet sur la reproduction humaine, constate l’Inserm dans une expertise collective.

Intitulé « Reproduction et environnement », ce rapport de 900 pages, dont seule une synthèse (http://www.inserm.fr/content/download/34821/220855/file/synthese_reprod_environ.pdf) est disponible à ce jour, s’attaque à cinq classes d’agents utilisés dans des produits de consommation courante: le bisphénol A, les phtalates, les composés polybromés (retardateurs de flamme), les composés perfluorés et les parabènes.

Ces perturbateurs endocriniens ont été analysés à la lumière de quelques 1.200 études, menées chez l’animal ou de nature épidémiologique, portant sur plusieurs aspects de la reproduction. Parmi ceux-ci, la quantité et la qualité des spermatozoïdes, la fertilité, les anomalies des organes sexuels ou encore le cancer du testicule… autant d’éléments dont l’évolution, depuis plusieurs décennies, suscite des inquiétudes.

Malgré plusieurs « signaux d’alerte », les études épidémiologiques « sont encore trop peu nombreuses à ce jour pour permettre de conclure sur les effets de l’exposition à ces composés relativement récents », estiment les experts. « Dans l’attente de nouvelles études épidémiologiques, l’expérimentation animale reste une source précieuse de données », ajoutent-ils.

Des recommandations de gestion des risques devraient sortir fin 2011 sur le bisphénol A, fin 2012 sur l’ensemble des perturbateurs endocriniens, a annoncé Xavier Bertrand dans la foulée de ce rapport. Le ministre de la santé s’exprimait à l’Assemblée nationale lors de l’examen d’une proposition de loi visant à interdire les phtalates, les parabènes et les alkylphénols.

Rejeté début avril par la commission des affaires sociales, ce texte du député Yvan Lachaud (Nouveau centre) est « louable dans ses intentions », mais le gouvernement « ne peut pas, aujourd’hui », donner suite à cette mesure d’interdiction, a déclaré Xavier Bertrand. « Je serais tenté de dire que, si ce débat s’était déroulé dans quelques mois, ma réponse aurait peut-être été différente », a-t-il assuré.

« Les données humaines sont moins nombreuses que les données chez l'animal. Ceci étant, elles existent », estime le Réseau environnement santé (RES) dans un communiqué. « Si du point de vue de la certitude scientifique, des connaissances nouvelles sont peut-être souhaitables, le degré de connaissance sur la toxicité des perturbateurs endocriniens, et surtout sur leur mode d’action spécifique, est tel aujourd’hui que l’attentisme des pouvoirs publics n’est pas acceptable », ajoute-t-il.

Avant le rapport prévu fin décembre sur la gestion des risques du bisphénol A, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) va en publier un premier, fin juin, sur l’exposition à cet agent.



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