Perturbateurs endocriniens: femmes et fœtus surexposés

Le 12 mars 2015 par Romain Loury
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Les PE, en avance sur le foetus
Les PE, en avance sur le foetus
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Près de 22 perturbateurs endocriniens: telle est la quantité moyenne que recèlent les Franciliennes en âge de procréer dans leurs cheveux, selon les résultats de l’étude Exppert 4 révélés jeudi 12 mars par l’association Générations futures. Parmi eux, de nombreux pesticides, dont certains interdits de longue date.

Dès qu’il s’agit des perturbateurs endocriniens, nul(le) n’est épargné: parmi les 28 femmes testées lors d’Expert 4, toutes recelaient dans leurs cheveux de ces substances, à raison de 21,35 en moyenne. Soit 19,25 pesticides, le reste se répartissant entre PCB et retardateurs de flamme.

Parmi ces molécules, 7 étaient présentes chez l’ensemble des volontaires, dont quatre pesticides pourtant interdits tels que le lindane, l’hexachlorobenzène, un métabolite du parathion et la trifluraline. Ce qui suggère que l’imprégnation va bien au-delà des 64 perturbateurs endocriniens ciblés par l’association.

Un écart de 1 à 16

Interrogé par le JDLE, le porte-parole de Générations futures, François Veillerette, explique cette forte présence de pesticides interdits par le fait qu’il s’agit de polluants persistants dans l’environnement. Lipophiles pour nombre d’entre eux, «ils s’accumulent longtemps dans la couche graisseuse, puis peuvent être relargués dans le sang, et à partir de là dans les cheveux», avance-t-il.

Résultat frappant de l’enquête, la personne la moins imprégnée présentait 16 fois moins de ces substances dans ses cheveux que celle qui en avait le plus. Face à une exposition aussi généralisée, comme expliquer un tel écart?

S’«il faudrait un plus grand échantillon» pour analyser le lien entre imprégnation et mode de vie, François Veillerette y voit une «bonne nouvelle», celle qu’il est possible d’agir sur son exposition. Mais au-delà des quantités mesurées, la présence généralisée de perturbateurs endocriniens, dont l’effet dépend moins de la dose que de la période d’exposition, constitue une situation «inquiétante» pour le fœtus.

La touche optimiste de l’Efsa

«Inquiétant» pour Générations futures ne l’est pas forcément pour d’autres. Notamment pour l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), qui a publié aussi ce jeudi les résultats d’analyse de la présence de pesticides dans les aliments européens. Pour l’organisme européen, il est «improbable que la présence de résidus dans les aliments ait un effet à long terme sur la santé des consommateurs».

Selon ces résultats de 2013, 97,6% des aliments sont conformes aux normes européennes en matière de résidus de pesticides, 2,4% de produits sont non conformes –dont 1,5% dépassant nettement les limites. Au final, 42.8 % des fruits et légumes contiennent des résidus de pesticides, dans les limites autorisées –qui, comme le déplorent les associations, ne tiennent pas compte du phénomène de perturbation endocrinienne.



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