Perturbateurs endocriniens: des cocktails variables d’un pays à l’autre

Le 16 novembre 2018
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Une forte exposition in utero
Une forte exposition in utero
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Dans la population, l’imprégnation par les perturbateurs endocriniens varie d’un pays à l’autre, révèle une grand étude menée dans six pays européens et publiée dans la revue Environment International. Exemple : les enfants sont moins chargés en bisphénol A, peut-être du fait de son interdiction en 2015 dans les contenants alimentaires.

Menée sur des cohortes mère-enfant de six pays européens (France, Royaume-Uni, Espagne, Lituanie, Grèce, Norvège), l’étude publiée par Line Småstuen Haug et ses collègues est la première menée à l’échelle européenne sur l’imprégnation des enfants (âges à de 6 à 12 ans) et de leur mère (pendant la grossesse) par les produits chimiques.

Portant sur un total de 1.301 couples mère-enfant, l’étude révèle des teneurs sanguines et urinaires élevées pour certains agents chimiques, en particulier le mercure et les composés perfluorés, dépassant souvent le seuil au-delà duquel des actions de réduction sont recommandées par les autorités sanitaires.

Forte exposition in utero

Les chercheurs révèlent aussi des teneurs plus élevées chez les mères que chez les enfants. Ce qui peut sembler rassurant, mais ne l’est pas: ces femmes étant enceintes lors des prélèvements, ces résultats montrent justement que l’exposition est plus importante in utero, stade crucial du développement.

Autre enseignement de l’étude, le cocktail chimique varie d’un pays à l’autre. Exemple, c’est en France que les mères sont les plus imprégnées de PCB. A l’inverse, les enfants français sont moins chargés en bisphénol A, à raison de 2,35 microgrammes par gramme de créatinine (une protéine sanguine) contre 4,84 µg/g au Royaume-Uni. Un effet probablement lié à l’interdiction française du BPA dans les contenants alimentaires, en vigueur depuis 2015, avancent les chercheurs.

Au-delà de ces données d’imprégnation, l’équipe a collecté des données de santé, notamment sur la croissance, la santé respiratoire et le développement cérébral, afin de mieux établir un lien avec l’exposition aux agents chimiques. De premiers résultats devraient être connus en 2019.



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