Perturbateur endocrinien: le recyclage du DEHP autorisé par les Etats membres

Le 21 avril 2016 par Marine Jobert
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Le DEHP, sursis ou fin de parcours?
Le DEHP, sursis ou fin de parcours?

Présent dans les textiles, les chaussures, les peintures ou le lino, le DEHP était interdit depuis février 2015. Trois entreprises avaient demandé de pouvoir recycler des matériaux en contenant: les Etats membres viennent d’y consentir. Au grand dam des associations environnementales.

Autoriser le recyclage des plastiques PVC à base de DEHP? Les Etats membres ont dit oui  le 20 avril 2016 à cette proposition de la Commission, ouvrant à nouveau la porte à l’utilisation dans quantité d’objets de la vie courante de ce phtalate interdit depuis février 2015. En prévision de l’interdiction, 6 entreprises européennes de PVC avaient alors déposé des demandes d’autorisation; trois d’entre elles, spécialisées dans le recyclage, ont donc obtenu gain de cause.

Bottes et lino

Le Parlement européen avait adopté, en novembre 2015, une résolution farouchement hostile à ce perturbateur endocrinien, largement utilisé dans les produits du quotidien (textiles, meubles, chaussures, matériaux de construction, etc.), ainsi que dans les produits professionnels en PVC (lino, peintures, vêtements de travail, bottes, etc.). «Il est inacceptable de tolérer de nombreux cas potentiels d'infertilité masculine au seul motif de permettre aux entreprises de recyclage de PVC souple et aux utilisateurs en aval de réduire leurs coûts de production d'articles de faible valeur, de façon à ce qu'ils puissent concurrencer les importateurs de produits de piètre qualité», avaient alors estimé les eurodéputés.

Précédent négatif

«Même si [ce texte] impose des conditions assez strictes aux demandeurs, qui rendra très difficile la réutilisation [du DEHP], nous regrettons profondément cette décision, non seulement parce qu’elle constitue une brèche dans la règlementation de Reach, mais aussi parce qu’elle crée un précédent négatif qui compromet des décisions à venir et mine les objectifs de Reach d’assurer le remplacement de substances toxiques par des alternatives plus sûres», a estimé le Bureau européen de l’environnement. En novembre 2015, 55 organisations européennes avaient critiqué les avis rassurants rendus par le comité d’évaluation des risques (RAC) et le comité socio-économique (Seac), estimant que «le principe de substitution n'a pas suffisamment pesé lors des délibérations. Nous mettons donc en doute l'engagement de l'agence publique de l'UE à en faire un axe prioritaire», ajoutaient-elles.



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