Pertes alimentaires : à chaque région sa solution

Le 15 octobre 2019 par Stéphanie Senet
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En détaillant les pertes, la FAO invite les gouvernements à cibler leur stratégie selon les régions
En détaillant les pertes, la FAO invite les gouvernements à cibler leur stratégie selon les régions

14% de la production alimentaire est perdue, chaque année, entre la ferme et le point de vente, selon le rapport sur l’état de l’alimentation publié le 14 octobre par la FAO[1].



[1] Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture

 

Alors qu’un précédent rapport estimait globalement, en 2011, qu’un tiers de la production alimentaire mondiale se perdait, chaque année, entre le fermier et le consommateur, la FAO zoome cette fois-ci sur les aliments disparus avant d’atteindre les étals. Soit 14% de la production totale, pour une valeur de 400 milliards de dollars (363 Md€).

Ce chiffre ne prend pas en compte les pertes de récoltes dues à des évènements climatiques. Par ailleurs, un rapport ultérieur détaillera l’état du gaspillage en aval de la chaîne alimentaire, du point de vente au consommateur.

 Afrique sub-saharienne et Asie de l’est et du sud-est

Logiquement, ces pertes varient selon les régions et les aliments. Si en général les fruits et légumes sont davantage touchés que les céréales et les légumineuses, les quatre familles sont autant concernées en Afrique sub-saharienne et en Asie de l’est et du sud-est.

 Manipulation, stockage, transport, emballage

L'instance onusienne a identifié les principaux facteurs. Les pertes enregistrées sur le lieu de production sont essentiellement le fait de mauvaises pratiques de récolte et de manipulation, des difficultés de commercialisation, et de conditions de stockage inadéquates.

Autre possibilité: de mauvaises infrastructures de transport et des dysfonctionnements lors de la transformation des produits et leur emballage. Deux problèmes relevés en particulier pour les fruits, les racines et les tubercules.

 Métal versus bois

«Dans les pays subsahariens, les excédents sont stockés à la ferme avec des méthodes traditionnelles. Dans des silos en bois soumis aux intempéries, ils sont exposés aux micro-organismes, insectes, et rongeurs», observe Carola Fabi, statisticienne à la FAO. «Leur remplacement par des tonneaux métalliques réduirait les pertes de manière très sensible», poursuit-elle.

 La balle aux gouvernements

«Le potentiel pour réduire le gaspillage et les pertes alimentaires est considérable, en particulier dans les régions où ces déchets sont les plus importants», résume le nouveau directeur général de la FAO Qu Dongyu. Alors que les impacts environnementaux sont importants -en particulier les émissions de gaz à effet de serre, la pression sur les terres et la consommation inutile d’eau et d’énergie-, le rapport renvoie la balle aux pouvoirs publics.

Les gouvernements peuvent en effet améliorer les services et infrastructures publiques, créer des incitations financières et des règlementations favorables à une meilleure conservation des aliments.

 Selon les enjeux régionaux

Plus précisément, la lutte contre le gaspillage alimentaire doit être associée, selon les pays, aux enjeux environnementaux les plus vitaux. Si l’objectif national est de réduire l’utilisation des terres, alors le gouvernement doit se focaliser sur les pertes liées à la viande et aux produits d’origine animale (dans les pays développés et en Amérique latine surtout).

S’il s’agit d’économiser l’eau (en Europe et Asie notamment) les céréales et les légumineuses devront concentrer les efforts, devant les fruits et légumes. Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il faut cibler là encore les céréales et légumineuses, mais aussi les racines, tubercules et oléagineux.

 



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