Perte de voix: des professions à risques

Le 15 octobre 2004 par Christine Sévillano
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La Grande-Bretagne vient de reconnaître les problèmes de la voix comme maladie professionnelle dans certaines professions. En France, le sujet est encore méconnu bien qu'il soit tout aussi préoccupant.

Les pertes de la voix sont désormais reconnues comme maladie professionnelle en Grande-Bretagne.

Professeurs, standardistes, employés des centres d'appels, acteurs, chanteurs, politiciens, avocats, prêtres, commissaires priseurs, soldats, traducteurs, guides touristiques ou secrétaires font une utilisation intensive, voire excessive, de leurs cordes vocales. Ils encourent des risques sanitaires avec parfois des pertes de voix ponctuelles. Les enseignants sont en tête des préoccupations des spécialistes qui leur diagnostiquent souvent des laryngites, des pertes de voix et des nodules, petits ganglions nichés sur les cordes vocales.

Une étude du chercheur britannique Roz Comins montre que 34 % des patients qui reçoivent un traitement pour soigner leur voix sont des professeurs. 90 % d'entre eux n'ont trouvé aucun relais médical sur leur lieu de travail pour les aider à soigner leur voix. Ils sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à prendre une retraite anticipée.

D'autres professions connaissent les mêmes problèmes de voix. Le syndicat britannique de la banque, de l'assurance et des finances a rapporté qu'une employée de banque a été victime d'une dysphonie profonde à force de travailler dans un environnement très bruyant. Elle criait constamment afin de se faire entendre par les clients de l'autre côté d'une vitre de sécurité. Les pertes de voix peuvent aussi être engendrées par d'autres phénomènes qu'une simple sur-utilisation de l'organe vocal. Des employés de travaux publics par leur contact constant avec des produits chimiques et des fumées peuvent aussi être victimes de troubles vocaux. En France, les études demeurent rares et les problèmes de dysphonie pour raisons professionnelles sont encore méconnus.

Une étude de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) publiée au deuxième trimestre 2004 se penche tout de même sur ce phénomène médical et définit la dysphonie comme " une altération momentanée ou durable de la fonction vocale". Les troubles de la voix pourraient pourtant prendre des proportions considérables en France ces prochaines années. Les progrès technologiques entraînent un besoin croissant de la voix dans certains métiers. Des gestes dans l'industrie sont désormais remplacés par la voix avec l'apparition de machines à commandes vocales. Les logiciels à reconnaissance vocale se multiplient et percent dans divers domaines. Et l'environnement bruyant a tendance à renforcer la gravité de la situation.

L'industrie est d'ailleurs le secteur où la voix est davantage forcée à 35,2 % contre 11,9 % pour le tertiaire, selon la dernière étude sur les nuisances sonores au travail datant de… 1991. L'âge, la cigarette, l'alcool ou les activités extra-professionnelles comme le chant constituent des facteurs aggravants. Les symptômes annonciateurs de dysphonie, de fatigue ou d'abus vocal peuvent prendre différentes formes : laryngite, enrouement, difficulté à parler fort, voix qui se casse, aphonie, douleur dans le cou ou raclement de la gorge.

Une étude de la MGEN de 2001 montre que les enseignants déclarent dix fois plus de laryngites et de rhinopharyngites que les autres professions. Ils représentent entre 16 et 34 % des personnes consultants en France pour ce type de problèmes. Aux Etats-Unis, les troubles de la voix des professeurs coûtent 2,5 milliards de dollars chaque année.


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